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Experts-comptables : le vrai levier face à l’IA et à la pénurie de talents

La profession comptable est en train de changer. Facture électronique, automatisation, IA, difficultés de recrutement, enjeux de marque employeur… le quotidien des cabinets n’est plus le même qu’il y a dix ans. Les compétences techniques restent évidemment centrales, mais elles ne suffisent plus à elles seules pour attirer des talents, faire grandir les équipes et tenir un rôle de conseil auprès des clients. C’est le sujet du live que je fais avec Michelle Giacometti, expert-comptable et commissaire aux comptes, et praticienne en soft skills certifiée. Nous parlerons concrètement de :

  • l’impact des soft skills sur le recrutement et l’attractivité des cabinets
  • leur rôle dans le développement des collaborateurs
  • la posture et le leadership de l’expert-comptable dans ce nouveau contexte
  • ce que ces compétences changent, au quotidien, dans la relation client et le management

Un échange pragmatique, basé sur l’expérience du terrain, pour prendre du recul sur l’évolution du métier. 👉 Si vous souhaitez en savoir plus sur le programme Praticien en Soft Skills qu’a suivi Michelle, laissez un commentaire sous ce post. Je vous enverrai les informations.

Jérôme Hoarau :
Bonjour, nous revoici pour parler soft skills. Et pour cela, j’ai le grand plaisir d’accueillir Michelle Giacometti.
Bonjour Michelle.

Michelle Giacometti :
Bonjour Jérôme, bonjour tout le monde.

Jérôme Hoarau :
Tu es experte-comptable, tu travailles avec des entrepreneurs dans ton quotidien, notamment autour des soft skills. Avant de parler de ce lien avec ta profession, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ton parcours ?

Michelle Giacometti :
Je m’appelle Michelle Giacometti, j’ai 33 ans, je suis originaire de la Martinique où je vis actuellement.

J’ai fait mes études en France hexagonale pendant une dizaine d’années, et je suis aujourd’hui experte-comptable après de nombreuses années d’études.

J’exerce en Martinique.

Jérôme Hoarau :
Pour devenir expert-comptable, il faut faire beaucoup d’années d’études et soutenir un mémoire. Et tu as choisi un sujet sur les soft skills.

Michelle Giacometti :
Oui. Pour obtenir le diplôme, il faut rédiger un mémoire d’environ 100 pages hors annexes. Le sujet est libre, mais il doit apporter quelque chose à la profession et être concret.

J’ai travaillé sur l’identification des soft skills lors du recrutement en cabinet d’expertise comptable.

Jérôme Hoarau :
Ce n’est pas un sujet très courant dans la profession. Pourquoi ce choix ?

Michelle Giacometti :
Ce sujet répond à un besoin réel, notamment en recrutement.

Les cabinets ont du mal à recruter et souffrent d’une image parfois négative. Il y a peu de candidats, et même avec de bons CV, il manque souvent quelque chose.

J’ai été confrontée à des profils similaires sur le papier, mais avec des résultats très différents sur le terrain. Certains sont proactifs, prennent des initiatives, ont un bon contact client. D’autres non.

La différence se joue sur les soft skills.

Cela permet non seulement de différencier les candidats, mais aussi d’élargir le vivier, en recrutant des profils en reconversion par exemple.

Les compétences techniques restent importantes, mais certaines peuvent s’apprendre. Les soft skills permettent de détecter le potentiel.

Jérôme Hoarau :
Comment fais-tu pour identifier les soft skills nécessaires à un poste ?

Michelle Giacometti :
Dans un cabinet comptable, le métier est très structuré. Certaines soft skills sont indispensables, comme la rigueur.

Je sélectionne quelques soft skills clés, deux ou trois, vraiment essentielles. Chercher à tout évaluer serait impossible.

J’ai développé des outils, notamment une trame d’entretien avec des questions associées à des soft skills.

Par exemple, si je veux évaluer la capacité d’adaptation, j’ai une série de questions pour amener le candidat à en parler concrètement.

La difficulté, ce n’est pas d’identifier les soft skills, mais d’amener le candidat à en parler de manière authentique.

Tout le monde dit qu’il est rigoureux, créatif ou adaptable. Mais il faut des mises en situation pour tester réellement.

Par exemple, je propose des situations complexes et inattendues. Plus il y a de surprise, plus la réponse est spontanée et révélatrice.

Jérôme Hoarau :
Donc tu utilises des mises en situation pour aller au-delà des réponses classiques.

Michelle Giacometti :
Oui, cela permet de recouper les informations et d’évaluer de manière plus fiable.

Il faut aussi un travail en amont pour définir précisément ce que l’on cherche. Plus une soft skill est définie de manière fine, plus elle est facile à identifier.

Jérôme Hoarau :
Une fois la personne recrutée, comment intégrer les soft skills au quotidien ?

Michelle Giacometti :
La première étape, c’est la prise de conscience.

Les soft skills ont été beaucoup évoquées, parfois de manière superficielle. Il faut comprendre concrètement ce que c’est et à quoi cela sert.

Ensuite, il faut sensibiliser les équipes. Les métiers évoluent, notamment avec l’intelligence artificielle et l’automatisation.

Ce qui restera, ce sont les soft skills et la valeur humaine.

Il faut identifier, chez chaque collaborateur, les soft skills qui apportent de la valeur et les développer.

Jérôme Hoarau :
Avec l’automatisation, le métier devient plus relationnel.

Michelle Giacometti :
Exactement.

L’expert-comptable n’est pas seulement un technicien. Il accompagne le client dans son activité, comme un conseiller ou un coach.

L’automatisation permet de se recentrer sur cette dimension.

Les soft skills deviennent essentielles pour créer de la valeur et renforcer la relation client.

Jérôme Hoarau :
Cela change aussi l’image du métier.

Michelle Giacometti :
Oui, et c’est nécessaire.

La profession est souvent mal perçue, alors qu’elle apporte beaucoup plus que de la saisie comptable.

Il faut mieux communiquer sur cette réalité.

Jérôme Hoarau :
Tu as suivi la formation Praticien en soft skills. Qu’est-ce que cela t’a apporté ?

Michelle Giacometti :
Quand j’ai choisi mon sujet de mémoire, j’ai voulu me former sérieusement.

J’ai trouvé le programme Praticien en soft skills, qui correspondait à mes besoins.

Le format à distance était adapté à ma situation, et la durée sur plusieurs mois permet une vraie progression.

Les soft skills se construisent dans le temps. La formation m’a permis de développer une compréhension approfondie et un véritable réflexe soft skills.

Cela a été essentiel pour mon mémoire et pour ma pratique.

Jérôme Hoarau :
Merci beaucoup pour ton partage. Un mot de la fin ?

Michelle Giacometti :
Les soft skills sont une réalité du monde du travail, aujourd’hui et encore plus demain.

Il est important de les comprendre et de s’y intéresser sérieusement.

Par Jérôme HOARAU

Jérôme Hoarau auteur de best sellers (Dunod, Alisio, Diateino), conférencier international (anglais et français) et la référence francophone dans le domaine des soft skills (Jerome-Hoarau.com). Il a obtenu plusieurs titres de sport du cerveau tels que :
- Champion du monde de Mind Mapping 2018
- Champion du Royaume-Uni de Mind Mapping 2019
- Vice-champion du Royaume-Uni en Lecture Rapide 2019
Il est le co-auteur des best sellers "Bon manager Mode d'Emploi" (Diateino), "Les Gentils aussi méritent de réussir" (Alisio) et de "Soft Skills (Dunod).

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