Découvrez dans l’interview de Clément Bergon, auteur du livre “Bon Manager Mode d’emploi” (Diateino), et référence francophone sur le management.
Il nous partage ses meilleures pratiques pour pouvoir faire preuve de courage managérial, surtout dans un monde turbulant et challengeant.
Voici l’interview au format écrit :
Jérôme Hoarau :
Bonjour à tous, bonjour Clément.
Clément Bergon :
Bonjour Jérôme.
Jérôme Hoarau :
Ravi d’être avec toi aujourd’hui pour parler management, soft skills, et plus particulièrement de courage managérial.
C’est un sujet important dans le contexte actuel. Nous traversons des périodes assez tumultueuses, avec des défis économiques, sociaux, géopolitiques et environnementaux. Les managers sont particulièrement exposés à ces enjeux.
Pour celles et ceux qui ne te connaissent pas encore, nous avons coécrit ensemble Bon manager mode d’emploi, devenu un best-seller. Tu es conférencier, coach de dirigeants, et créateur de la chaîne YouTube La brève du manager. Nous avons aussi cofondé la plateforme Uman, dédiée à la formation des managers.
Entrons dans le vif du sujet : le courage managérial. C’est un terme que l’on entend de plus en plus. Mais concrètement, de quoi s’agit-il ?
Clément Bergon :
Je dirais que le courage managérial, c’est assumer de faire ce qui est juste.
On est dans un monde de plus en plus complexe. On demande beaucoup aux managers : être à la fois bienveillant, exigeant, inspirant. Il y a des situations très difficiles à gérer.
Faire ce qui est juste, même quand c’est difficile, demande du courage.
Le manager doit être une figure stable, rassurante, un repère dans la tempête. Quelqu’un qui prend des décisions, qui pose un cadre, qui sécurise.
Jérôme Hoarau :
C’est simple à dire, mais pas forcément facile à faire.
Est-ce que tu peux donner des exemples de situations où ce courage est nécessaire ?
Clément Bergon :
Il y en a beaucoup.
La gestion de conflits, par exemple. À un moment, il faut prendre ses responsabilités.
Il y a aussi toutes ces situations où des comportements passent sous les radars : manque de respect, tensions légères. Il faut intervenir pour maintenir un cadre.
Et puis il y a des cas plus complexes.
Par exemple, une collaboratrice en difficulté personnelle, dont les performances baissent. Cela impacte toute l’équipe.
Dans ce cas, il faut trouver ce qui est juste pour chacun : l’entreprise, l’équipe, la personne concernée.
On commence par accompagner, écouter, proposer des solutions. Mais si la situation ne s’améliore pas, il faut aussi savoir poser un cadre plus ferme, avec des objectifs et un délai.
Et si malgré tout cela ne change pas, il faut prendre une décision.
Ce n’est pas agréable, mais c’est nécessaire.
Jérôme Hoarau :
Et tu parlais d’un protocole pour gérer ce type de situation.
Clément Bergon :
Oui.
D’abord, adopter une posture d’observateur neutre. Analyser la situation pour toutes les parties prenantes : l’entreprise, l’équipe, les individus.
Ensuite, agir progressivement : accompagner, proposer des solutions, puis fixer des attentes claires avec un délai.
Et si nécessaire, aller jusqu’à la décision.
Tout cela en s’appuyant sur les ressources disponibles : RH, hiérarchie.
Jérôme Hoarau :
Donc une approche systémique, puis un plan d’action clair et assumé.
Pourquoi ce courage est-il encore plus nécessaire aujourd’hui ?
Clément Bergon :
Le management a évolué.
On est passé d’un modèle très directif à un management plus collaboratif. Le rôle du manager est devenu plus complexe.
Il doit être coach, formateur, leader, communicant. Cela demande beaucoup de compétences.
Les situations sont aussi plus subtiles, moins binaires.
Cela rend les décisions plus difficiles, et donc le courage encore plus important.
Jérôme Hoarau :
Que se passe-t-il si un manager évite ces situations ?
Clément Bergon :
Les problèmes ne disparaissent pas. Ils s’accumulent.
Les non-dits, les petites tensions, finissent par fragiliser l’équipe.
Le manager doit poser un cadre. Sinon, l’équilibre se détériore.
La bienveillance ne consiste pas à éviter les sujets difficiles. Elle consiste à faire ce qui est juste.
Jérôme Hoarau :
Et le courage, ce n’est pas seulement dans l’action, mais aussi dans la vulnérabilité.
Clément Bergon :
Exactement.
Faire preuve de courage, c’est aussi savoir dire que l’on est inconfortable, reconnaître ses limites, exprimer ses émotions.
Par exemple, dire à son équipe que l’on ressent du stress, que l’on a besoin de trouver une solution ensemble.
C’est plus difficile que d’imposer une décision, mais cela crée plus de lien.
La vulnérabilité, c’est reconnaître ses faiblesses et travailler dessus.
Cela permet de créer une relation authentique avec son équipe.
Jérôme Hoarau :
Et pour quelqu’un qui se dit que ce n’est pas dans sa nature, comment développer ce courage ?
Clément Bergon :
Il faut déjà comprendre que ce n’est pas soi qui est jugé, mais la fonction que l’on occupe.
Le manager représente un rôle.
Il ne faut pas prendre les choses personnellement.
Ensuite, il faut analyser les situations de manière factuelle, prendre du recul.
Et surtout, passer à l’action.
Avec l’expérience, on se rend compte que faire ce qui est juste est bénéfique pour tous.
Cela reste inconfortable, mais cela devient plus naturel.
Jérôme Hoarau :
Merci Clément, c’était très concret et inspirant.
Pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin, laissez un commentaire sous la vidéo. Vous pourrez recevoir un extrait de Bon manager mode d’emploi ainsi que le premier module de la formation associée.
Merci à toi et à très bientôt.
Clément Bergon :
Merci Jérôme.
