Entretien exclusif avec Jérôme Hoarau 📣 Webinaire exceptionnel pour l’ouverture des deux premières Journées Soft Skills en Santé, qui se tiendront à Paris les 20 et 21 mars 2026 🎤 Avec : Jérôme Hoarau & Jean-Marc Desmet Alors que le système de santé traverse une crise profonde, une conviction s’impose partout dans le monde : les compétences humaines – communication, adaptabilité, leadership, gestion émotionnelle – seront les véritables piliers du soin de demain. Pour lancer nos deux premières Journées de formation Soft skills en Santé à Paris, nous avons l’honneur d’accueillir Jérôme Hoarau, co-auteur de l’ouvrage Soft Skills, fondateur de programmes internationaux de développement du potentiel humain, et spécialiste reconnu du leadership par les compétences comportementales. Dans ce webinaire inédit, Jean-Marc Desmet (médecin et coach) interrogera Jérôme Hoarau : 👉 Une expérience solide dans le monde de l’entreprise, du coaching et de la neuro-performance. Auteur de 7 ouvrages, conférencier et coach international, il démontre depuis plus de 10 ans comment les compétences humaines deviennent déterminantes dans des environnements soumis à des transformations rapides — encore plus aujourd’hui avec l’arrivée de l’intelligence artificielle. 👉 Une découverte progressive du monde de la santé, notamment à travers la crise du Covid, et un dialogue continu avec les réalités des équipes soignantes partagé avec Jean-Marc Desmet. Vous découvrirez : ✨ Comment les Soft Skills se sont imposées comme des compétences clés dans les entreprises ✨ Pourquoi elles deviennent indispensables dans un système de santé sous tension ✨ Comment les soignants peuvent développer ces compétences pour renforcer la qualité des soins, la cohésion d’équipe et leur propre bien-être ✨ Les nouvelles perspectives ouvertes par la littérature scientifique actuelle
Retranscription
Comment définir simplement les soft skills ?
Jérôme Hoarau :
Bonjour Jean-Marc. Bonjour à toutes et à tous. On est très heureux de vous accueillir pour une session, une speed session où on va essayer de vous donner le maximum de valeur en une demi-heure.
On va parler d’une thématique des soft skills en santé. On a appelé le choc des cultures, les enseignements du monde de l’entreprise pour renforcer et soutenir le monde de la santé parce que effectivement Jérôme et moi, c’est une rencontre de deux univers et c’est ce qu’on va explorer avec vous.
C’est vrai que actuellement le monde de la santé traverse une crise profonde, une conviction qui s’impose un peu partout dans le monde. Les compétences humaines, la communication, l’adaptabilité, le leadership sont des véritables enjeux pour pouvoir traverser toutes ces crises.
C’est dans le cadre du travail que nous avons fait tous les deux ensemble sur les soft skills en santé qu’on aura le plaisir de vous présenter en présentiel à Paris au mois de mars entre le 20 et le 21 mars pour passer de l’écrit au réel.
Il nous a paru vraiment essentiel de nous présenter et de vous expliquer cette rencontre puisque Jérôme a un parcours dans le domaine des soft skills depuis déjà de nombreuses années.
Je vais vous le présenter rapidement parce que je pense que vous devez le connaître. Il a une expérience solide dans le monde de l’entreprise, du coaching et de toutes les approches de neuroperformance.
Je ne veux pas détailler son CV, je vous invite à le découvrir mais il est auteur d’au moins sept ouvrages, conférencier, coach international et il démontre depuis plus de 15 ans comment les compétences humaines sont déterminantes dans les environnements entrepreneuriaux où il accompagne des dirigeants, des structures.
L’actualité rend encore ces soft skills plus pertinentes parce qu’avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, on est de plus en plus challengé.
Nous, on s’est rencontré en 2018 en suivant ta formation et j’avais été très intéressé par le fait que finalement les soft skills formalisaient des choses qui devaient être des évidences dans le monde de la médecine et qui n’étaient pas forcément si évidentes que ça.
J’ai eu l’occasion de traverser la crise Covid avec ton soutien, ton regard sur les soft skills qui m’ont particulièrement aidé et soutenu.
Donc l’objet c’est de voir comment les soft skills se sont imposées dans le monde des entreprises et pourraient apporter dans le monde de la santé, pourquoi elles deviennent indispensables dans un système sous tension et comment les soignants peuvent développer ces soft skills à travers eux-mêmes et leurs équipes.
Alors Jérôme, ma première question : comment tu pourrais définir pour notre audience de manière claire et simple ce que sont les soft skills, qui sont parfois critiquées en disant effet de mode ?
Jérôme Hoarau :
Alors déjà merci pour ton accueil, pour la présentation.
Les soft skills, c’est un terme qu’on a choisi de garder pour présenter les compétences comportementales, humaines ou compétences psychosociales comme on l’appelle dans le milieu de l’éducation.
On a choisi de garder ce terme parce que dans le terme anglais, il y a un message plus fort que si on essaie de le traduire littéralement.
Par exemple pendant un certain temps, me présenter comme expert en compétences douces ou en compétences molles, parce que si on traduit littéralement soft skills, ça devient ça. Alors que ce n’est pas ça.
Les soft skills ne sont pas forcément des compétences molles. Je ne trouve pas que ce sont des compétences molles. Elles ne sont pas toujours douces.
Un auteur que tu aimes beaucoup, Simon Sinek, dit qu’on ne devrait même pas appeler ça des soft skills parce que ce sont des compétences humaines indispensables.
Le côté soft peut donner un côté optionnel alors qu’aujourd’hui ce ne sont pas des compétences optionnelles.
Je travaille principalement dans le monde de l’entreprise, des institutions gouvernementales et grâce à toi aussi dans le milieu de la santé depuis qu’on a coécrit la boîte à outils des soft skills en santé.
Quel que soit le milieu, ces compétences sont indispensables.
Les soft skills, ce sont des compétences transversales.
Si j’ai développé ma persévérance grâce à la course à pied, elle va m’être utile dans mon travail, dans mon engagement associatif et dans d’autres contextes.
Ce sont des compétences non techniques, qui ne dépendent pas d’un métier ni d’une technologie.
Par exemple, la créativité est une compétence humaine.
Aujourd’hui, on parle d’obsolescence des compétences techniques. Avant, elles duraient environ 30 ans. Aujourd’hui, leur durée de vie est d’environ 18 mois.
Les soft skills ne deviennent pas obsolètes aussi vite et nous permettent de nous adapter.
Donc pour moi, ce sont des compétences humaines, transversales, non techniques qui nous aident à nous adapter et à devenir meilleurs dans notre métier.
Comment les soft skills aident dans un monde en tension ?
Jean-Marc Desmet :
Dans ce monde en tension, comment tu vois les soft skills pour aider les personnes et les équipes à gérer cette dimension de tension ?
Jérôme Hoarau :
Un point important, c’est que les soft skills sont des compétences qu’on peut développer.
Contrairement aux traits de personnalité, elles évoluent.
Aujourd’hui, on est dans un monde qui accélère, tout va plus vite, il y a une raréfaction du temps et ça génère du stress.
Les soft skills nous aident à gérer ce stress, à prendre du recul, à gérer nos émotions.
Elles nous aident aussi à être mieux organisés, à prioriser, à être plus efficaces.
Il y a aussi une raréfaction des ressources économiques, ce qui crée des tensions.
Cela demande plus de créativité, de résolution de problèmes, d’adaptabilité.
Il faut accepter que certaines choses ne fonctionnent plus et tester de nouvelles approches.
Les soft skills permettent d’utiliser intelligemment les outils technologiques et de s’adapter au contexte.
Quelles différences entre le monde de la santé et celui de l’entreprise ?
Jean-Marc Desmet :
Dans ce monde de la santé que tu as découvert, est-ce que tu identifies des spécificités par rapport au monde entrepreneurial ?
Jérôme Hoarau :
Oui, il y a des parallèles et des spécificités.
Je l’ai vécu en collaborant avec toi, mais aussi comme patient.
J’ai eu un cancer de la peau au Royaume-Uni et j’ai vécu le système de santé de l’intérieur.
J’ai attendu deux ans pour une biopsie et j’ai dû insister fortement.
Je me suis rendu compte que sans des soft skills comme l’assertivité, la patience, la communication, la persévérance, je n’aurais pas été pris en charge.
Il y a un manque de ressources, des délais importants.
J’ai aussi vécu le système français avec des problématiques similaires.
Dans le monde de la santé, les enjeux sont vitaux.
Cela génère un niveau de stress beaucoup plus élevé.
Peut-on développer les soft skills ?
Jean-Marc Desmet :
On entend souvent que l’empathie ou les soft skills, soit on les a soit on ne les a pas. Qu’est-ce que tu en penses ?
Jérôme Hoarau :
Il y a des personnes qui ont des facilités liées à leur personnalité.
Mais les soft skills se développent.
Le cerveau est plastique, comme un muscle.
La répétition développe la compétence.
On peut renforcer ses forces et travailler ses faiblesses.
Il faut adapter les méthodes à la personne et à son contexte.
Comment développer les soft skills à grande échelle ?
Jean-Marc Desmet :
Comment développer ces soft skills à grande échelle dans les institutions de santé ?
Jérôme Hoarau :
Cela repose sur la culture de l’organisation.
Il faut commencer par les managers.
Le leadership commence par l’exemplarité.
Les comportements se diffusent par mimétisme.
Les soft skills sont aussi collectives.
Si un manager développe l’empathie, cela impacte l’équipe.
Cela améliore le bien-être et la qualité des interactions.
Il faut aussi prendre soin des équipes.
On ne peut pas prendre soin des autres si on ne prend pas soin de soi.
C’est un investissement, pas une dépense.
Conclusion
Jean-Marc Desmet :
Merci pour ces réponses. Nous aborderons ces sujets lors de notre formation avec des outils concrets.
Nous serons très heureux de vous accueillir. N’hésitez pas à nous poser des questions.
Jérôme Hoarau :
Le lien est dans le chat et en description. N’hésitez pas à nous contacter.
Jean-Marc Desmet :
Nous aurons beaucoup de plaisir à animer cette session. À très bientôt.
Jérôme Hoarau :
Merci beaucoup. À très bientôt.
