La géolocalisation, aide ou handicap pour les entreprises de livraison ?

C’est l’une des nouvelles tendances, on commande à manger via une application, elles sont nombreuses de UberEats à Deliveroo, et débarque chez vous quelques minutes plus tard un coursier à vélo pour vous remettre votre diner. Peut-être que votre faim vous a rendu impatient, dans ce cas, vous avez suivi son parcours via votre app pour savoir s’il se trouvait encore loin de chez vous. Car oui, ces coursiers sont géolocalisables et donc suivables ! Ça ne s’arrête pas à la livraison de nourriture, c’est aussi possible avec les VTC ou les routiers délivrant des commandes. Si ce phénomène peut rassurer les clients, cela peut imposer une vraie pression au coursier, parfois même au point de le mettre en danger. Alors est-ce une bonne idée pour un manager d’imposer ce système ?

Plus de contrôle pour une plus grande efficacité

C’est l’argument qui est souvent avancé. Si un manager, un entrepreneur peut savoir en temps réel où se trouve sa flotte, il peut améliorer la qualité de son service. Il peut aider ses employés à choisir un meilleur itinéraire pour un gain de temps, ou même économiser de l’essence. L’employeur peut très bien aussi prévenir en direct son employé d’un possible bouchon sur la route et ainsi lui éviter des désagréments comme il est possible avec l’application GPS proposée par l’entreprise Verizon Connect. Si l’on avance un argument stratégique, il ne faut pas non plus négliger l’argument de la surveillance qui permet à l’employeur de garder un œil sur les opérations et ainsi être certain que l’employé respecte les consignes. C’est évidemment dissuasif pour l’employé, puisqu’il ne peut pas se permettre le moindre écart. Au-delà de cela, la géolocalisation de la flotte est aussi un atout de vente.

Un argument de vente

La géolocalisation du livreur est devenu un vrai argument de vente. Si elle peut amuser, voir sa commande de sushis se déplacer dans les rues jusqu’à chez vous fera sourire, elle peut être très utile au client. C’est notamment le cas pour les VTC, on peut repérer le chauffeur le plus proche et ainsi bénéficier d’un vrai gain de temps. C’est aussi le cas pour les commandes express, les livraisons faites dans la journée. La géolocalisation d’un livreur peut permettre d’envoyer ou de recevoir un colis dans les plus brefs délais. Mais se sachant surveillés par leurs supérieurs et attendus par leurs clients, le système de géolocalisation peut mettre une vraie pression aux livreurs.

Une pression trop forte pour les livreurs ?

Leur statut d’autoentrepreneurs les a longtemps empêchés de se faire entendre mais c’est en train de changer. Les livreurs expriment leur ras le bol, payes au rabais, agressions sur la route et pression qui conduit parfois à des accidents. Sur ce point la géolocalisation est clairement mise en cause. Le client et le patron pouvant suivre le livreur, la pression est double pour lui et on peut vite l’accuser de ne pas avoir emprunté le chemin le plus rapide. Arthur Hay, de la CGT des coursiers à vélo de Bordeaux le dit lui-même : « Il faut aller vite, on n’a pas le choix. Si tu respectes le code de la route tu ne t’en sors pas ». Cela entraine inévitablement des accidents comme celui qui a couté la vie à un livreur à Pessac en janvier.

Si la géolocalisation est une vraie avancée, elle doit être utilisée à bon escient et peut rester en partie confidentielle pour éviter une pression inutile.

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