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Je cultive le minimalisme par Mino Rakotozandriny

Jérôme Hoarau: Bonjour à tous. C’est parti pour une nouvelle interview sur un sujet que je trouve vraiment génial : le minimalisme. Un sujet dont on ne parle peut-être pas encore assez dans le monde professionnel. Pour en parler, j’ai le plaisir d’accueillir Mino. Bonjour Mino.

Mino Rakotozandriny: Bonjour Jérôme.

Jérôme Hoarau: J’ai essayé de bien prononcer ton nom comme on en a parlé avant l’enregistrement. Tu es auteur, conférencière et tu as écrit plusieurs ouvrages sur le minimalisme et la parentalité. Le minimalisme est un sujet que nous allons justement creuser en profondeur. Mais avant cela, peux-tu te présenter pour les personnes qui ne te connaissent pas encore ?

Mino Rakotozandriny: Merci Jérôme de m’inviter pour ce live, mon tout premier. Je m’appelle Mino Rakotozandriny, ou Mino pour les gens en France. J’ai commencé à écrire sur le minimalisme en 2013 et je n’ai pas arrêté depuis. J’ai écrit un blog qui est devenu par la suite deux livres sur le sujet.

Le minimalisme : une philosophie de vie

Jérôme Hoarau: Alors, le minimalisme, c’est quoi ?

Mino Rakotozandriny: Au début, quand on parle de minimalisme, on pense souvent à un intérieur épuré. Un séjour avec juste un canapé, par exemple. C’est vrai que j’ai fonctionné comme ça au début. J’ai découvert le minimalisme pour me sentir moins étouffée dans ma maison, car j’avais accumulé beaucoup de choses après l’arrivée de mon premier enfant. Je ne savais pas par quoi commencer, mais en découvrant le minimalisme, j’ai commencé à enlever petit à petit les objets de chez moi. Je me posais la question : « Est-ce que j’ai besoin de cet objet ? ». Cela m’a pris beaucoup de temps, et sur plusieurs années, j’ai fait beaucoup de réflexions. J’ai réalisé que l’essentiel était de se concentrer sur ce qui est important pour nous, et de ne pas gaspiller son temps avec des distractions. Cela se traduit aussi bien sur le plan matériel que sur le plan des activités, des informations et des relations.

Jérôme Hoarau: Oui, j’ai compris dans ta lecture que le minimalisme n’est pas un sacrifice. Ce n’est pas se dire qu’il faut se débarrasser de tout et que c’est une contrainte. Tu expliques que c’est une démarche centrée sur le bien-être et le bonheur. C’est vraiment laisser plus de place pour les choses qui sont vraiment significatives. Ce que je trouve génial aussi, c’est que ton approche n’est pas qu’une approche matérielle, même si c’est peut-être plus simple de démarrer par cela. Une fois qu’on a compris la philosophie, on peut la transposer dans d’autres domaines de notre vie.

Mino Rakotozandriny: C’est vrai. Les gens pensent souvent : « Pourquoi se contraindre à vivre avec moins ? ». Ils pensent qu’il est plus facile de vivre avec plus. Mais c’est une idée fausse. Vivre avec moins, c’est comme si on perdait quelque chose, mais c’est le contraire. On gagne des choses qui ont beaucoup plus de valeur, comme le temps. On a moins de choses à gérer et on a plus de paix intérieure.

Jérôme Hoarau: C’est contre-intuitif, surtout dans nos sociétés de consommation et de surinformation. On veut posséder des choses, et plus on en a, plus on pense avoir de la valeur. Mais en réalité, c’est l’inverse. Plus on possède de choses, plus on a d’anxiété et de stress, car on a peur de les perdre ou de se les faire voler.

Mino Rakotozandriny: C’est vrai. Quand on a peu de choses, on n’a pas peur des voleurs. On se dit que si on en perd un, on peut facilement le remplacer. On a moins de stress et d’anxiété.

Jérôme Hoarau: On passe de la dimension matérielle à la dimension des relations et du travail. Si on veut s’accaparer un projet ou de la notoriété, cela va nous prendre de la tête et nous générer du stress. Il y a aussi cette dimension à prendre en compte.

Jérôme Hoarau: Tous les sens sont saturés, et cela génère du stress.

Mino Rakotozandriny: Exactement. À l’inverse, quand on rentre dans un espace épuré, on se sent calme, apaisé. C’est la même chose pour nos relations et notre travail. Si on a trop d’amis, de collègues, de projets, cela nous disperse et on ne peut pas être vraiment présent pour les personnes qui comptent vraiment.

Jérôme Hoarau: C’est intéressant de voir ce parallèle, car on a tendance à penser que plus on en fait, plus on est productif.

Mino Rakotozandriny: Oui, et c’est encore une idée fausse. En fait, quand on se concentre sur moins de choses, on est plus efficace et on a de meilleurs résultats. On peut se consacrer pleinement à ce que l’on fait et on a plus de temps pour les personnes qui sont importantes pour nous.

Jérôme Hoarau: Pour aller plus loin, Mino, est-ce que tu pourrais nous donner des conseils pour les personnes qui seraient intéressées par le minimalisme mais qui ne savent pas par où commencer ?

Mino Rakotozandry: Avec plaisir, Jérôme. Je dirais qu’il ne faut pas chercher à tout changer du jour au lendemain. Le minimalisme est une démarche progressive.

Un bon point de départ, c’est de commencer par désencombrer son espace de vie. On peut s’attaquer à une pièce à la fois, ou même à une zone spécifique d’une pièce. Posez-vous la question suivante pour chaque objet : « Est-ce que je me sers vraiment de cet objet ? Est-ce qu’il me procure de la joie ? ». S’il ne vous sert pas et ne vous apporte pas de joie, vous pouvez le vendre, le donner, ou le recycler.

Attention, il ne s’agit pas de se débarrasser de tout et de vivre nu ! L’idée est de ne garder que ce qui est important et utile pour vous.

Une fois que vous avez désencombré votre espace physique, vous pouvez appliquer le minimalisme à d’autres domaines de votre vie. Par exemple, vous pouvez désencombrer votre agenda en supprimant les tâches inutiles et en déléguant celles qui ne vous correspondent pas. Vous pouvez également désencombrer vos relations en faisant le tri dans vos amitiés et en renforçant les liens avec les personnes qui comptent vraiment pour vous.

N’oubliez pas, le minimalisme est un voyage personnel. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de le faire. L’important est de trouver ce qui fonctionne pour vous et qui vous permet de vivre une vie plus simple, plus paisible et plus épanouie.

Jérôme Hoarau: Merci beaucoup, Mino, pour ces conseils et pour avoir partagé ta vision du minimalisme.

Par Jérôme HOARAU

Jérôme Hoarau est conférencier en soft skills (Jerome-Hoarau.com) et est co-organisateur du championnat de France officiel de Lecture Rapide et de Mind Mapping. Il a obtenu plusieurs titres de sport du cerveau tels que :
- Champion du monde de Mind Mapping 2018
- Champion du Royaume-Uni de Mind Mapping 2019
- Vice-champion du Royaume-Uni en Lecture Rapide 2019
Il est le co-auteur des livres "Les Gentils aussi méritent de réussir" (Alisio) et de "Soft Skills (Dunod). Il a également co-fondé le site PassiondApprendre.com.

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