Développer les produits de son entreprise : témoignage de Ludovic Michetti de UNC Pro

UNC Pro

Quoi de mieux que de vendre des produits utiles, beaux et innovants ? Même s’il s’agit d’une aventure passionnante et valorisante, elle ne reste pas sans difficultés. Ludovic Michetti partage avec nous son expérience entrepreneuriale et comment il a fait face aux difficultés de son entreprise, et surtout comment ne pas lâcher !

UNC Pro est une entreprise créée en 2011, par Ludovic Michetti (Fondateur) et son associé, Nicolas Vidalenche. Après un an de vie commerciale, ils reviennent sur leurs résultats, les obstacles rencontrés, et les challenges à relever. À ce jour, UNC Pro c’est plus de 1 200 meubles vendus en une année d’activité (2012), et plus de 600 pièces écoulées en 2013. Tag Heuer, Monster Energy, Hugo Boss, Mumm Champagne, Redbull, Pirelli, Lafuma,… leur ont fait confiance. Voici leur témoignage sur comment développer leur produit.

Pourquoi et comment votre entreprise est‐elle née ?

L’idée du meuble gonflable est née lors de nos cursus universitaires. Nous souhaitions trouver une solution au transport du mobilier, lors de nos emménagements et déménagements, répétés et coûteux. C’est lors d’un déplacement en université partenaire, en Angleterre, que nous avons eu l’idée. En rendant visite à un ami étranger, nous avons découvert dans son appartement du gonflable de piscine. Dû à la distance, il avait décidé d’acheter tous ces meubles et accessoires sur place, à prix accessible. Il s’est donc retourné vers du gonflable. Cela a été le déclic ! Dès le lendemain, nous avions un canapé gonflable à nos côtés ! Pas à pas, nous nous sommes orientés vers le marché de l’événementiel. Fort d’une expérience dans ce domaine, nous avions le réseau, et les connaissances pour y générer un chiffre d’affaires rapide. Les besoins logistiques étaient les mêmes : recherche d’un mobilier facilement transportable, stockable et rapidement montable / démontable !

UNC Pro studio

photo d’UNC Pro

Quel est le plus gros challenge auquel vous avez du faire face ?

Le plus gros challenge a été le développement des produits. En effet, même s’il existait des solutions annexes pour la piscine, nous souhaitions proposer du mobilier haut-­de-­gamme, design, hautement résistant. Malheureusement, la fabrication d’un meuble gonflable n’est pas si aisée. Il faut respecter des contraintes de dimensions (pour la stabilité) et de formes (pour le confort). Le premier prototype reçu a été un vrai échec : le fauteuil était trop large, trop volumineux, non confortable, non stable, inadapté… En une semaine, nous avions déjà perdu 3000€ de fonds propres engagés. Le stress c’est rapidement fait ressentir, surtout lorsque nous sommes étudiants. Nous avions un budget de départ limité. Cet échec s’est reproduit sur les trois autres produits reçus. Le développement d’un produit nouveau est long, complexe, coûteux. Nous l’avons malheureusement découvert à nos dépends !

Quelle a été votre première réaction face à ce défi ?

La première réaction a été la crainte de ne pas y arriver, et de ne pas concrétiser physiquement ce que nous avions dessiné et dans nos « têtes ». Bien entendu, tout le reste va avec : perte de confiance, remise en question du projet et des fabricants, fatigue, solitude. Pour rassurer tout le monde, c’est le lot de tout entrepreneur ! Il est donc primordial de bien s’entourer, d’avoir une équipe soudée, un entourage disponible et une passion débordante pour le projet. C’est de cette manière que nous avons pu relever le défi, et repartir sur de nouveaux prototypes.

Comment avez-­vous fait pour analyser la situation avant d’y faire face ?

L’analyse de la situation d’échec est indispensable. Comment avons-­nous procédé ? Premièrement, nous avons échangé avec un grand nombre d’interlocuteurs (fabricants ou non). Deuxièmement, nous avons pris les prototypes, et les avons découpés pour comprendre le processus de fabrication. Troisièmement, nous sommes allés chez un fabricant européen pour découvrir l’outillage, et le fonctionnement de produit. Rien n’est plus parlant qu’une personne en train de fabriquer le meuble gonflable sous vos yeux. Enfin, nous avons acheté des produits semblables ou concurrents, et nous les avons étudiés. Tout ce cheminement nous a bien pris 3 mois. Il a fallut être solide pour ne pas s’arrêter, et abandonner le projet. C’est la phase la plus délicate d’une création d’entreprise. Sans produit, pas de ventes. Sans ventes, pas d’argent… Le temps cours, et le budget se réduit…

UNC Pro TED

Photo d’UNC Pro

Quelles décisions avez­-vous prises pour mettre en exécution des actions concrètes ?

Une fois l’analyse de l’échec effectué, nous avons repris le développement de nos produits de A à Z. Nous avons oublié tous les dessins réalisés, et nous sommes repartis d’une feuille blanche, en appliquant tout ce que nous avions appris. Nous avons fait le choix d’un design simple, épuré, pour faciliter la fabrication du mobilier gonflable. Aujourd’hui, ces choix sont reconnus sur le marché de l’événementiel Européen. Les produits sont plébiscités pour leur stabilité, leur confort, et leur finition.

Qu’avez-­vous retenu de cette situation aujourd’hui ?

Le développement d’un produit est complexe, tout autant que l’entrepreneuriat. Se lancer dans une création d’entreprise est risqué, dangereux, fascinant, passionnant, épuisant. Un mélange de sensations, d’adrénalines, qui rendent le « boulot d’entrepreneur » exceptionnel. Bien entendu, cette expérience nous a fait murir, et gagner en compétences. Aujourd’hui, nous travaillons plus posément, et de manière plus réfléchie. Un mal pour un bien !

Ludovic Michetti

AUTEUR

Jérôme HOARAU

Fondateur de Pourquoi-Entreprendre.fr, co-fondateur de La-Semaine.com et de creapreZent.fr, coach Efficacité Professionnelle et Parler en Public. Je suis l'auteur de plusieurs ouvrages dans le domaine de l'efficacité professionnelle et du leadership que vous pouvez retrouver ici : Livres Efficacité Professionnelle et Leadership.

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2 commentaires
  • Philippe Bastid

    Bonjour Jérôme et Ludovic,

    Il faut être comme un chat et savoir retomber sur ses pattes!

    L’entrepreneur est quelqu’un qui accepte de prendre des risques (c’est en tout cas comme ça que je le vois) et qui fait tout pour ne pas se tromper. Ou pour ne pas faire 2 fois la même erreur… C’est l’exemple montré ici.

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