Entreprendre à travers ses erreurs et ses échecs avec la méthode des 4A

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Une séance de coaching avec Jérôme Hoarau

Les erreurs ou les échecs semblent être nos pires ennemis dans une aventure entrepreneuriale, surtout si l’on est à la quête d’un succès.

L’échec serait-il l’inverse ou l’opposé de la réussite ? Ni l’un, ni l’autre.

Les erreurs et les échecs sont souvent des ponts nécessaires sur un chemin menant à un succès, mais ils sont durs à franchir.

Seuls ceux qui prennent le risque d’échouer spectaculairement réussiront brillamment. – Robert Fitzgerald Kennedy

Pour vous aider pour ce voyage, je me suis amusé à créer une petite méthode reposant sur des recherches neuroscientifiques, des échanges que j’ai eu avec de nombreux entrepreneurs et mes expériences personnelles :

la méthode 4A pour entreprendre avec ses erreurs et ses échecs.

Pourquoi les erreurs et les échecs sont bénéfiques pour entreprendre ?

Oui les erreurs et les échecs ont certains points positifs. Bien entendu il ne s’agit pas ici de faire l’autruche en balayant du revers de la main tous les désagréments qui y sont liés :

–       baisse de l’estime de soi

–       culpabilité

–       colère

–       tristesse

–       regret

–       …

La liste des émotions négatives peut être longue. Mais que préférez-vous : alimenter ces émotions destructrices ou plutôt utiliser votre énergie pour vous placer dans un état d’esprit positif et optimiste ?

Voici une petite histoire que j’aime beaucoup pour illustrer mes propos :

« Un petit garçon écoute son grand-père auprès d’un feu :

–       Deux loups se livrent un terrible combat en moi, tous les jours. Le premier est mauvais. Il est guidé par la culpabilité, la colère, la tristesse, le regret, … Le second est bon. Il est plein d’amour, de bonheur, de gratitude, de confiance,… Ces deux loups combattent aussi en toi-même et à l’intérieur de tout le monde ».

Le petit garçon écoute attentivement, et attend la suite… Il s’interroge sur celui qui gagne ce combat :

« Quel est le loup qui vaincra l’autre ? » demande-t-il.

Le grand-père répond alors :

–       Celui que tu nourris »

Dans cet article, nous essaierons de nourrir le « bon » loup, pour être dans une dynamique positive et constructive. Nous nous concentrerons alors principalement sur cet état d’esprit qui permet d’aller de l’avant et de rebondir dans ces situations désagréables.

Parce qu’elles permettent d’apprendre

Les erreurs permettent au cerveau d’apprendre avec plus d’efficacité. Des recherches neuroscientifiques menées par des universités anglo-saxonnes  ont démontré que l’apprentissage de nouveaux savoir-faire était bien plus efficace lorsque l’apprenant le faisait dans une démarche expérimentale (il teste, il analyse le résultat et il s’adapte). Cette démarche implique le fait de connaître des échecs et de réaliser des erreurs : plus l’effort est intense, plus l’apprentissage est puissant. Et pour un enseignement encore plus efficace, il est important de se couper des réponses toutes faites pour les trouver par soi-même.

Pour être plus concret, voici une question : « Qu’est-il plus facile pour vous de retenir dans votre mémoire : votre pire erreur professionnelle ou votre succès le plus retentissant ? ». Généralement, le cerveau a tendance à retenir plus facilement les expériences désagréables. C’est la raison pour laquelle « Les erreurs sont des opportunités d’apprentissage ».

Les erreurs et les échecs participent au développement de la capacité entrepreneuriale : elle développe les savoirs, les savoir-faire et le savoir-être de l’entrepreneur.

Pour illustrer concrètement ce propos, je vous conseille de lire le bel article très détaillé de mon confrère Guilhem Bertholet : Post-mortem : naissance, vie et mort de ma startup #fail.

Pour ma part, pour ajouter une petite anecdote personnelle, c’est en fonçant tête baissée dans la complexité (la pensée systémique) que j’ai appris la puissance de la simplicité. A vouloir faire complexe, je n’ai pas réussi à aboutir dans de nombreuses idées, alors que la simplicité m’a permis d’avoir des résultats et d’avancer.

Depuis voici ce que je retiens de cette erreur :

–       la pensée systémique est efficace pour analyser et comprendre une situation et prendre des décisions

–       la simplicité est efficace dans l’action

Parce qu’elles prouvent que vous essayez

C’est dur d’échouer, mais c’est pire de n’avoir jamais essayé de réussir. – Theodore Roosevelt

 

Pourquoi avons-nous peur d’échouer ? Peur d’être jugé, peur de voir son estime baisser ? Pourtant si l’erreur ou l’échec montrent quelque chose, c’est bien que vous essayez. L’important est d’accepter ces erreurs ou échec, de les assimiler et d’avancer en évitant de les répéter. Comme le dit Thomas Edison :

 

Je n’ai pas échoué. J’ai simplement trouvé 10.000 solutions qui ne fonctionnent pas.

 

Donc pas besoin d’avoir honte lorsque cela arrive. Au contraire, si vous les analysez avec pertinence et arrivez à les valorisez, alors vous valoriserez l’expérience. Les entrepreneurs ont souvent peur de citer leurs échecs et leurs erreurs. Mais ceux qui osent le faire arrivent à créer un vrai capital sympathie. Voyez par exemple Nicolas Doucerain dans son livre « Ma petite entreprise a connu la crise », un livre autobiographique consacré à l’histoire de son entreprise en pleine crise. C’est également le cas de Julien de la « Clinique Conseil » qui n’hésite pas à se livrer sur ses erreurs et comment il a fait pour rebondir.

Pour ma part, avec mes étudiants dans mes modules de cours « trouver ou créer son emploi », « intrapreneuriat » et « développer ses soft skills », même s’ils n’arrivent pas au résultat souhaité sur leur projet mais qu’ils mettent toute leur énergie et leur volonté dans l’exercice, alors j’en tiens compte dans la notation (en cours, je note l’intensité à laquelle ils utilisent leurs soft skills, plutôt que le résultat final car l’important n’est pas la destination, mais le voyage).

Parce qu’elles vous rappellent que vous êtes humains

L’erreur est humaine comme le dit l’adage, mais cela est dur de l’accepter : nous avons envie d’être parfait. Mais la quête de perfection mène à des imperfections : le perfectionnisme peut bloquer l’action et créer des frustrations. Plutôt que d’être dans la quête de la perfection, mieux vaut être dans l’acceptation.

Les erreurs et les échecs, si on arrive à les accepter, permettent de développer:

–       l’humilité

–       la connaissance de soi

J’ai par exemple beaucoup apprécié l’humilité et la prise de recul d’Harold Paris lors de son expérience de jeu-concours pour le lancement de sa startup UpandSmart.

J’ai également eu une belle discussion avec un entrepreneur talentueux, Pierre Le Corf (co-fondateur de civiliseed) qui pense que si nous arrisons en France à enlever le tabou des erreurs et des échecs, alors nous serons beaucoup plus nombreux à être audacieux.

Voici une petite expérience personnelle : Quand je pratiquais le karaté, il m’a fallu trois tentatives pour obtenir ma première Dan (ceinture noire).  Cette expérience m’a fait prendre conscience que j’étais capable de persévérer et qu’il faut savoir mettre son ego de côté pour continuer d’avancer.

La méthode des 4A pour entreprendre avec ses erreurs et ses échecs

Comme je vous le précisais en début d’article, j’ai imaginé une méthode pour entreprendre à travers ses erreurs et ses échecs.

Pour qui ? Pour toutes les personnes qui agissent.

Pour quoi ? Pour mieux vivre et tirer profit de ses échecs et de ses erreurs.

Pourquoi ? Parce que les erreurs et les échecs sont des opportunités d’apprentissage et d’amélioration.

Quand ? Avant, pendant et après une action.

Anticiper : se préparer

anticiper

Les deux mots clés de cette étape sont :

–       préparation

–       résilience

Préparation : bien comprendre les erreurs et les échecs

Selon l’auteur Scott Berkun, nous pouvons classer les erreurs en 4 catégories :

–       les erreurs stupides (comme mettre ses céréales dans son jus d’orange par exemple)

–       les erreurs simples (simple à résoudre comme ne pas avoir assez à manger pour ses invités lors d’un dîner que vous avez préparé)

–       les erreurs compliquées (que vous comprenez mais que vous avez du mal à résoudre comme arriver toujours en retard)

–       les erreurs complexes (dont vous avez du mal à en comprendre l’origine comme des problèmes relationnels par exemple)

Les erreurs venant des deux premières catégories ne vous ferons pas beaucoup progresser en termes d’apprentissage, contrairement aux deux autres.

Dans le cadre de cette méthode, je vous conseille de vous concentrer sur les erreurs et échecs compliqués et complexes pour que ce soit plus efficace.

L’idée n’est pas ici de rester focalisé sur les possibilités d’erreurs et d’échecs pour un projet ou pour une action, mais plutôt de se forger un mental optimiste pour avancer et être résilient pour rebondir en cas de pépin.

Pour cela, voici quelques outils pour forger votre mental optimiste.

Commençons avec une technique issue de la méthode Merci L’Echec créée par :

–       Héloïse Dubois

–       Laura Dos Santos

–       Velina Serafimov

Méthode créée dans le cadre du module creapreZent par les étudiantes citées ci-dessus à France Business School.

Merci L'Echec

1- La Pause Positive :

–       avant de vous coucher, notez dans un cahier 3 évènements positifs qui ont eu lieu pendant votre journée

–       dans ce même cahier notez 3 remerciements

Effectuez cette Pause Positive pendant au moins 1 mois pour adopter l’habitude.

 

Agissez comme s’il était impossible d’échouer. – Winston Churchill

 

2- Sa sensibilité à la perte et au gain (exercice proposé par Claude Ananou)

Il s’agit d’une démarche de questionnement vous permettant de prendre conscience des impacts positifs garantis et des impacts négatifs potentiels de votre projet. Si vous êtes prêt à endurer les impacts négatifs potentiels par rapport aux impacts positifs garantis, alors l’aventure en vaut la chandelle.

–       Au pire, combien de temps perdu ?

–       Au pire, combien d’argent misé ? (si c’est le cas)

–       Au pire, quelles opportunités manquées? (celles mises de côté pendant la réalisation de cette expérience)

–       Au pire, quelles compétences développées ? (à travers l’exécution de la tâche ou du projet)

–       Au pire, quelle valeur ajoutée à mon parcours ? (contacts, expériences, …)

–       Au pire, quel plaisir éprouvé ?

Si vous êtes prêt à miser ces éléments pour votre projet par rapport à ce que vous pouvez récolter de positif, alors vous pouvez y aller sans crainte ! Vous partez pour gagner et pas pour ne pas perdre (vous agirez comme s’il était impossible d’échouer).

J’utilise personnellement ces deux techniques pour développer mon esprit optimiste. A cela j’ajoute également une pratique régulière de la méditation afin de mieux vivre la pause positive et de mieux sonder mon seuil de tolérance à la perte.

Adapter : savoir corriger le tir et limiter les dommages collatéraux

adapter

Cette étape s’inspire fortement de la Méthode Merci L’Echec que je vous ai citée précédemment. Héloïse, Laura et Velina ont identifié deux grandes phases émotionnelles dans une situation d’échec ou d’erreur :

–       la phase négative lors de la prise de conscience de l’échec ou de l’erreur

–       la phase positive suite à la transformation de l’échec ou de l’erreur

Lors de la première phase il est important de savoir s’adapter et faire preuve de flexibilité pour être dans de bonnes dispositions pour transformer la situation.

1- S’adapter soi-même à la situation :

–       sondage de mon état émotionnel (qu’est ce que je ressens par rapport à cette situation)

–       je me mets en mode « psychologie positive » : être stressé n’aide pas dans ce type de situation, il faut que je me mettes dans les meilleures dispositions mentales pour rebondir

  • je fais un exercice de respiration pour me calmer en prenant conscience de mes inspirations et de mes expirations
  • je prends conscience que mes muscles sont détendus (pour gommer les crispations) : visage, épaules, dos
  • je me recentre sur mon présent grâce à la Méthode Présent

2- Adapter ce qui peut être adaptable pour éviter les dommages collatéraux :

–       qui subit les dommages collatéraux ?

–       dans quelle mesure ?

–       comment réduire l’impact de ces dommages collatéraux pour chaque personne ?

–       Agir avec confiance

Voici un exemple pour illustrer ces propos :

Envoyer un mail aux mauvais destinataires :

–       quelles sont les personnes impliquées ?

–       qui est ce que je contacte en premier pour m’excuser ?

–       comment est-ce que je peux atténuer l’erreur pour qu’on passe le plus rapidement possible à autre chose ?

–       j’agis avec confiance

Cette phase d’adaptation de la situation correspond à sa transformation ou son amélioration.

Analyser : comprendre et apprendre de cette expérience

analyser

La situation est améliorée (en tout cas les effets sont dissipés) et vous pouvez prendre le recul nécessaire pour analyser ce qu’il s’est passer.

Pour comprendre un problème, l’origine d’une erreur ou d’un échec, vous pouvez utiliser le Réflexe Pourquoi : « Pourquoi cette erreur/échec a eu lieu ? »

Ma Méthode du Réflexe Pourquoi est disponible pour tous les abonnés à ma newsletter. Si vous souhaitez vous y inscrire, vous pouvez remplir le formulaire ci-dessous :

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Vous pouvez utiliser « la technique des 5 pourquoi » pour trouver l’essence d’un problème.

 

L’analyse du problème repose sur la démarche de questionnement que vous adopterez. Vous pouvez ainsi utiliser la technique du QQOQCCP pour questionner la situation (Qui, quoi, où, comment, combien, quand, pourquoi).

Avancer : accepter et avancer en évitant de répéter l’erreur

avancer

Ce que je veux savoir avant tout, ce n’est pas si vous avez échoué, mais si vous avez su accepter votre échec. – Abraham Lincoln

 

Une fois que vous aurez bien compris ce qu’il s’est passé grâce à l’analyse, remerciez l’enseignement que vous avez reçu : cela transformera l’expérience douloureuse en enseignement positif.

Cultiver la confiance et la gratitude envers l’enseignement de l’erreur et de l’échec. C’est ce que préconise la Méthode Merci l’Echec également.

Une des meilleures manière d’accepter une erreur ou un échec est l’humour : si vous arrivez à en rire, et si les autres aussi, alors cette épreuve fait donc partie du passé. Donc n’hésitez pas à tourner en autodérision vos erreurs et vos échecs pour mieux aller de l’avant !

 

Echouer, c’est avoir la possibilité de recommencer de manière plus intelligente. – Henry Ford

 

 

L’intérêt de cette étape est double :

–       vivre positivement l’expérience de l’erreur ou de l’échec

–       progresser et éviter de répéter une erreur déjà commise

Cette méthode permet aussi de cultiver une certaine humilité :

–       une meilleure connaissance de soi

–       une meilleure acceptation de son « imperfection »

–       une meilleure acceptation de son parcours de vie

Elle cultive aussi son esprit optimiste qui permet à la fois d’être :

–       mieux dans sa peau (l’optimisme crée du bien-être)

–       meilleur dans ses actions (plus d’énergie et d’enthousiasme)

Cet article a été rédigé dans le cadre de la croisée des blogs par la communauté developpementpersonnel.org, organisée par Régis du site Le Moment Présent .

 

Avez-vous aimé la méthode des 4A pour entreprendre avec ses erreurs et ses échecs ? Si vous connaissez d’autres personnes qui en ont besoin, vous pouvez la partager.

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AUTEUR

Jérôme HOARAU

Fondateur de Pourquoi-Entreprendre.fr, co-fondateur de La-Semaine.com et de creapreZent.fr, coach Efficacité Professionnelle et Parler en Public. Je suis l'auteur de plusieurs ouvrages dans le domaine de l'efficacité professionnelle et du leadership que vous pouvez retrouver ici : Livres Efficacité Professionnelle et Leadership.

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