Les diplômes sont-ils un frein à l’entrepreneuriat ?

Une question très intéressante je trouve. Mais aujourd’hui ce ne sera pas moi qui y répondra mais Gilles Grosjean, cofondateur d’Abbie&Rose qui donne son opinion sur ce sujet. Bonne lecture à vous et n’hésitez pas à alimenter le débat dans les commentaires !

Gilles Grosjean - Abbie & RoseCette question paraît absurde dans un premier temps…

Un entrepreneur avec une tête bien faîte devrait – c’est certain – être plus à même de gérer une entreprise, non ?

Les domaines que doit être capable de maîtriser ou au moins comprendre un patron d’entreprise sont aussi complexes que variés: finance, droit, administration, etc. Et c’est encore sans parler des domaines spécifiques au secteur d’activité de son entreprise…

Je pense pourtant que la question doit être posée: nos diplômes sont-ils un frein au développement de l’entrepreneuriat en Europe? Pour accentuer cette question, prenons quelques exemples d’entrepreneurs particulièrement… comment dire… exemplaires: Steve Jobs, Richard Branson ou Xavier Niel…

Outre la réussite incontestable de ces 3 entrepreneurs, on retrouve dans leur parcourt une constante: ils n’ont pas fini leur cursus scolaire et/ou académique – pire, en particulier pour Branson, c’était un étudiant particulièrement médiocre… Peut-on pour autant dire que c’est le fait qu’ils n’aient pas de diplôme en poche explique en quelque sorte leur réussite? Je pense que le raccourci est un peu rapide…

Bien moins célèbres sont les milliers (millions?) d’entrepreneurs sans diplôme qui échouent chaque année… Entreprendre sans diplôme ne serait donc pas spécialement un gage de réussite… peut-on pour autant dire que les diplômes ne sont pas un frein à l’entrepreneuriat? Je n’en suis pas certain…

Un diplômé d’une grande école a – en quelque sorte – plus à perdre en se lançant dans l’entrepreneuriat que quelqu’un à qui de toute façon personne ne veut filer un job…  on s’approche peut-être de la réponse…

Je pense donc que le frein est psychologique, en effet nos diplômes nous aident peut-être à mieux comprendre les choses, mais ils nous aident aussi à mieux identifier les risques !

Selon moi, c’est là que les pouvoir publics ont un rôle à jouer: dédramatiser le (les) risque(s) d’entreprendre…

6 réponses
  1. Jerome Hoarau
    Jerome Hoarau dit :

    Quand j’étais en première année d’école de commerce, un de mes professeurs m’a fortement déconseillé de créer mon entreprise : trop risqué, pas assez rémunérateur, pas assez « prestigieux » quand on fait une grande école…
    Quand je fais la retrospective, cela aurait été ma plus grande erreur de ne pas m’être lancé :
    – entreprendre est une formidable école pour développer des compétences (techniques et soft skills), du réseau, une expertise, …
    – avec cette « crise » je me rends compte que faire avancer sa boîte n’est pas beaucoup plus difficile que de trouver l’emploi qui convient bien
    – c’est une source d’épanouissement professionnel et personnel sans équivalent

    Après, je ne pense pas que le diplôme soit un frein, mais plutôt les a priori et les freins que les autres nous mettent.

  2. Gilles Grosjean
    Gilles Grosjean dit :

    Article très intéressant… je suis certainement d’accord avec la conclusion… sans doute un peu moins avec le titre par contre… 😉

  3. Julien
    Julien dit :

    Article très intéressant mais à nuancer selon moi ! Je suis moi-même étudiant en IAE, et on nous prépare un peu à tous les cas de figure, dans le sens où on nous enseigne à gérer une organisation de manière générale (finance, droit, administration etc.) tout en nous spécialisant dans les stratégies marketing.
    Alors effectivement, en sortant d’un master en marketing, entre chercher directement un poste fixe et pas trop mal payé, et se lancer dans la création d’entreprise (et tout ce qu’il y a avant : études de marchés et tout le tralala) en ayant aucune garantie quant aux revenus, beaucoup choisissent la « facilité ». Effectivement comme vous le dites, on a plus à perdre !
    Mais d’un autre côté, on a toutes les cartes en mains pour mettre le pied à l’étrier et se lancer dans entrepreneuriat, et j’ai beaucoup d’exemples dans mon entourage étudiant qui justement ont pour projet de lancer leur propre boîte !
    Donc un frein, je ne pense pas (ce n’est que mon avis), mais effectivement ce n’est pas forcément un facteur de réussite pour autant !

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