Le business plan n’est pas adapté à toutes les situations

pas de business plan

Business Plan ou pas ? Voici une question qui prolonge le débat « Le Business Plan est-il un tueur d’entrepreneur ? ».

Pour répondre à cette interrogation, j’accueille sur le blog aujourd’hui l’équipe du site My-Business-Plan.fr qui partagera ses conseils selon 3 cas d’entrepreneuriat bien particulier. Merci à eux pour l’article et bonne lecture à tous !

PS : les dessins viennent de moi en revanche, donc ne les blâmez pas si vous ne les aimez pas :-)

Nous avons lancé un site sur le business plan pour donner de l’information et accompagner les entrepreneurs de la phase d’idée à la levée de fonds. Le business plan est souvent réclamé par les banquiers et investisseurs, mais peut être difficile d’approche pour un entrepreneur. Notre expérience tend à prouver que si un business plan s’avère utile dans certains cas, il y existe néanmoins des situations pour lesquelles le business plan n’est pas du tout adapté.

Situation 1 : Je suis étudiant / salarié, je veux tester mon idée.

Beaucoup de cours d’entrepreneuriat reposent sur la rédaction d’un business plan et de nombreux étudiants goûtent à l’entrepreneuriat en rédigeant ce fameux document. Pourtant, bien qu’utile et permettant d’aborder la création d’entreprise sous tous les angles (marketing, RH, business model, finance, stratégie, étude de marché), le business plan n’est pas le format le plus adapté pour enseigner l’entrepreneuriat et indiquer à un étudiant s’il doit se lancer ou non. En effet, Le business plan possède de nombreux défauts pour enseigner l’entrepreneuriat en école : Souvent l’étudiant ne réalise qu’un travail théorique sans fixation d’objectifs à atteindre immédiatement permettant de sortir l’étudiant de sa zone de confort. Il ne va pas à la rencontre de ses clients potentiels pour confronter son idée au besoin identifié. Il n’identifie alors pas vraiment les facteurs bloquants et confond « intérêt » avec « intention d’achat » puis avec « achat ». Dès lors, il s’agit souvent (mais pas toujours) d’un travail de présentation et de communication sur un projet, ainsi que de découverte du fonctionnement d’une entreprise plus que d’un test de validation du projet et de plongeon dans l’entrepreneuriat.

Ce même constat vaut pour tout entrepreneur souhaitant « tester son projet ». Le business plan ne dit pas si vous devez vous lancer ou non. L’excuse consistant à dire « je voulais entreprendre, mais mon business plan n’était pas bon » est un moyen de se dédouaner. Le business plan ne sert aucunement à dire si vous devez vous lancer ou non. Ce n’est pas son objet.

Deux méthodes peuvent vous y aider. La méthode SynOpp de Claude Ananou. Elle consiste à vous faire valider 7 étapes avec des objectifs à atteindre, des réflexions à mener et des décisions. Une  autre méthode pour tester son idée avant de rédiger un business plan : Aller à la rencontre des clients potentiels, tenter de vendre et de pitcher son produit ou service, comprendre les besoins, lancer un prototype et ensuite, après avoir bien compris le marché et son fonctionnement, rédiger un business plan pour mieux formaliser cela et éventuellement lever des fonds. Le business plan peut également après cette étape aider un salarié à mettre en place sa stratégie de départ (« quand pourrais-je éventuellement me verser un premier salaire, quel risque je prends avec ce projet »).

Situation 2 : Je vais lancer un site e-commerce, les investissements de départ son faibles

Pour les projets à faible montant d’investissement et de risque, le business plan peut s’avérer être une perte de temps. Rédiger un business plan prend un certain temps. Il faut calibrer ce temps aux enjeux et risques pris.

- Faible risque : alors mieux vaut passer du temps sur le terrain, prospecter des clients et apprendre à les connaître.

- Risques financiers importants : par exemple ouvrir une chaîne de capsule hotels en France avec un investissement de trois millions d’euros pour le premier. Le business plan prend alors toute sa logique. Les montants en jeu sont importants et les questions à se poser doivent donc être étudiées avec sérieux. Cela n’empêchera pas l’entrepreneur d’aller faire un stage dans un premier temps dans un capsule hôtel au Japon voire un hôtel classique en France pour apprendre à connaître sa clientèle.

Dès lors, pour un projet à très faible investissement de départ, la méthode dite « casse cou » : je me lance et j’apprends de mes erreurs puis je rectifie, peut s’avérer la plus efficace. C’est ce qu’ont fait beaucoup d’entrepreneurs ayant réussi.

Situation 3 : Je n’ai pas fait d’étude de marché / je n’ai pas rencontré de clients

L’étude de marché ne doit pas être réalisée pour le business plan. C’est après son étude de marché qu’un business plan peut se justifier. Vous devez d’abord comprendre qui sont vos clients, quelles sont leurs attentes, leur processus de décision, leur réactions par rapport à votre projet. En réalisant votre étude de marché, votre service/produit sera amené à changer. Votre vision initiale du besoin et de la solution seront probablement transformées. Dès lors, la base du projet consiste à bien se connaître et bien connaître ses clients et leur besoin. De là découlera la solution, la stratégie, le business model et non l’inverse. On ne fait pas une étude de marché pour justifier son plan d’actions et son business model pré défini. C’est parce que l’on connait son marché que l’on décide ensuite de la stratégie, du business model, de son positionnement etc.. Dès lors, votre premier réflexe quand vous pensez avoir une idée de création d’entreprise est de la confronter rapidement au terrain, aux experts voire aux concurrents pour apprendre, recueillir des feedback concrets.

Le business plan n’est pas un mauvais outil et l’objectif de cet article n’est pas de le décrier. Mais ce n’est pas un outil adapté à tous les cas de figure ni à tous les stades de développement. N’oubliez pas qu’un entrepreneur est avant tout dans l’action et que les meilleurs retours sont ceux du terrain et non ceux de sa feuille Excel et son Powerpoint.

Comme les antibiotiques, le Business Plan n'est pas automatique

PS : retrouvez des alternatives au Business Plan ici

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Jérôme HOARAU

Jérôme HOARAU

Fondateur de Pourquoi entreprendre . Je suis co-auteur de l’ouvrage Le Réflexe Soft Skills (Dunod). Je suis coach en soft skills sur creapreZent .

Jérôme HOARAU

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