Olivier Mathiot co-fondateur de PriceMinister : les entreprises en France ont besoin de simplicité et d’agilité

Olivier Mathiot est connu en tant que co-fondateur de PriceMinister aux côtés de Pierre Kosciusko-Morizet. Cependant il possède d’autres casquettes, surtout depuis que son entreprise a été rachetée par le Groupe Rakuten.

Défenseur de l’entrepreneuriat digital en France, il est l’auteur de La Gauche a mal à son entreprise (Plon),  président de l’association France Digitale, mentor entrepreneuriat pour Samsung Launching People et Business Angel. Après avoir discuté avec lui à plusieurs reprises, j’ai réussi à décrocher une interview pour partager avec vous son quotidien d’entrepreneur engagé.

Merci encore à Olivier Mathiot pour ses réponses et bonne lecture à vous !

PS : il s’agit de Frédéric Bardeau de Simplon.co sur la photo ci-dessus

Vous êtes le co-fondateur de PriceMinister, auteur du livre « La Gauche a mal à son entreprise », Business Angel, Président de France Digitale, mentor entrepreneuriat pour le concours Samsung Launching People… comment faites-vous pour faire tenir toutes ces fonctions dans votre agenda ?

C’est une très bonne question ! C’est vrai que c’est assez compliqué de tout bien faire. J’essaie d’avoir une ligne directrice autour de l’entrepreneuriat digital car c’est le bon moment pour favoriser l’écosystème des startups (entreprise technologiques à forte croissance). Tout ce que je fais va dans cette direction, ce qui est une forme d’efficacité. L’écriture de mon livre La Gauche a mal à son entreprise (Plon) est un livre adressé au gouvernement afin de le sensibiliser sur les problématiques de l’entrepreneuriat en France. Mon activité de Business Angel est alignée avec ma ligne directrice de l’entrepreneuriat digital car j’investis dans des startups en apportant non seulement des capitaux, mais aussi mon savoir faire et mon réseau.

Olivier Mathiot et Frédéric Bardeau

Olivier Mathiot et Frédéric Bardeau

Mes sujets de prédilection sont le marketing, la marque, la fidélisation client, … Ce sont ces compétences aussi que j’apporte en tant que mentor à Simplon.co pour Samsung Launching People. Je les ai accompagnés pendant 6 mois, mais l’aventure pourrait encore continuer avec eux car il se peut que j’intègrerai leur conseil de surveillance à plus long terme. Finalement ces 6 mois de mentorat en 2013 sont arrivés après les 6 mois d’écriture de l’ouvrage, ce qui fait que j’ai pu gérer mon emploi du temps de manière efficace sur ces deux dossiers (ndlr : comme le fait Olivier Mathiot, essayez de prioriser vos projets pour en avoir le moins possible en même temps)

En revanche la présidence de France Digitale me prend plus de temps, car c’est du temps que je ne peux pas maitriser étant donné qu’il dépend des annonces médiatiques et politiques (pour défendre les intérêts des entrepreneurs digitaux français).

Quels ont été les effets positifs de vos actions en faveur de l’entrepreneuriat digital en France ?

Nous avons pu remarquer que certaines décisions politiques avaient des effets néfastes sur l’entrepreneuriat digital français, alors que les décisionnaires n’en n’avaient pas pleinement conscience. Nous pouvons le voir avec une loi des finances en 2013 défavorable à l’investissement avec un niveau de taxation sur les plus values élevé. Le projet de loi des finances en 2014 est beaucoup plus favorable à ce niveau car les décideurs politiques ce sont rendus compte que les investisseurs doivent être encouragés à investir grâce aux plus-values qu’ils peuvent générer.

Cependant il reste encore beaucoup de travail à réaliser en matière de simplification du code du travail, qui est de plus en plus complexe. Comme je l’écrivais récemment sur twitter, le code du travail du travail pèse plus de 1,7 kilos aujourd’hui, et ceci n’est pas dû à un poids du papier plus important :

Dans le monde des startups, nous sommes dans un univers agile. Or le code du travail français actuel leur fait perdre leur agilité.

Ce n’est pas une question de charges sociales, mais plutôt de complexification du code du travail qui empêche les entreprises françaises de grossir aujourd’hui.

Et le choc de simplification promis par le gouvernement ?

Les dirigeants ont été nombreux à l’annoncer sans pour autant que les choses avancent concrètement. Nous restons donc très vigilants sur cette question.

Dans mon livre, je proposais même qu’on donne un bonus aux députés qui suppriment des lois, plutôt que d’en rajouter pour avoir son nom dessus.

Les petites entreprises n’arrivent pas à suivre toutes ces évolutions fiscales qui nécessiteraient un avocat pour cela (ndlr : le code du travail change beaucoup trop souvent).

Qu’est devenu votre rôle au sein de PriceMinister depuis que vous avez été racheté par le Groupe Rakuten ?

Je suis toujours à 100% sur PriceMinister. Ces activités engagées pour l’entrepreneuriat digital entrent plus dans mon temps libre comme les weekends ou les soirées. Mon rôle a évolué depuis le rachat, tout en restant très entrepreneurial . Le fait d’avoir intégré un groupe japonais est très bénéfique en termes de vision et d’innovation. Mon activité d’investisseur est aussi très utile à mon activité car les startups dans lesquelles j’investis sont des sources d’inspiration.

La complémentarité avec Pierre Kosciusko-Morizet n’a pas changée depuis le rachat par Rakuten : il s’occupe de PriceMinister Europe et moi de la partie marketing de l’entreprise. Cela permet de bien se répartir les rôles et les compétences.

Quels sont les ingrédients composant la recette d’une aventure entrepreneuriale réussie ?

L’entente entre les fondateurs : pas forcément amicale, mais elle doit être claire pour une bonne harmonie

Une complémentarité : des compétences et des territoires (ndlr : pour ne pas « se marcher dessus »)

Capacité d’écoute : savoir se parler et s’écouter pour se faire confiance dans nos territoires de compétences.

Ces points sont importants pour que les équipes fonctionnent de manière équilibrée (équilibre technique et business). Nous avons créé des systèmes de binômes pour reproduire cet esprit entrepreneurial dans les équipes, en mode projet.

La place des soft skills est très importante pour créer cette dynamique. C’est un état d’esprit qui responsabilise les gens et permet l’agilité de l’entreprise.

Le conseil d’Olivier Mathiot aux entrepreneurs

Essayez le plus possible de vous lancer en mode LEAN Startup (ndlr : vous pouvez lire mon dossier sur le startup weekend pour en savoir plus) pour tester et valider votre projet avant de démarcher des investisseurs.

Cela vous permet de démarrer sans trop nécessiter de fonds sachant que le marché de la levée de fonds est assez tendu en ce moment, même s’il y a toujours de l’argent.

L’entrepreneur est un très bon mélange entre comptabilité et créativité. Il faut qu’il maitrise sa trésorerie. D’ailleurs je privilégie les équipes possédant ces deux grandes compétences, plutôt qu’un entrepreneur qui veut tout faire.

Maitriser la trésorerie est important pour maitriser ses coût, sa croissance et donc son agilité.

Pensez absolument à l’international

Pour augmenter vos chances de lever des fonds ou de vous faire racheter, lancez-vous à l’international également. C’est pour cette raison d’ailleurs que PriceMinister a été racheté par le groupe Rakuten.

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