Echelle 1:1, ou comment passer d’étudiants à entrepreneurs.

Echelle 1:1

Interview de Jillian Boyer, co fondateur de Echelle 1:1, agence de médiation territoriale.

Ancien étudiant en histoire de l’art et en sciences politiques, Jillian a fini son parcours à l’Institut d’Urbanisme de Lyon (IUL). Au gré de son travail de fin d’études avec trois autres de ses camarades (Solène Huberson, Eden Laboda et Michaël Mangeon) , c’est naturellement qu’il a voulu mêler l’art et l’espace à la problématique de l’appropriation des territoires.

Dans le cadre d’un projet en partenariat entre l’IUL et l’exploitant du Port Edouard Herriot de Lyon ils se voient présenter une vidéo originale créant un lien entre ce territoire peu connu et les populations lyonnaises. Leur concept séduit. La vidéo possède un ton décalé, elle met en avant un imaginaire audacieux du port. Voilà le jury conquit. Le directeur du Port de Lyon passe commande pour son site internet. C’est ainsi qu’ils décrochent leur premier client.

D’étudiants, ils sont propulsés entrepreneurs.

Une première victoire pleine de paradoxes puisque leur création d’entreprise a simplement découlée d’une opportunité, d’un besoin. « Passer d’étudiants, décrochant une commande d’envergure, sans avoir d’entreprise, et se retrouver, après cette commande, avec une entreprise sans pour autant avoir eu le temps et le recul pour se sentir plus entrepreneur. » précise Jillian. Des entrepreneurs malgré eux ! Un défi de taille pour ces étudiants en urbanisme. Il leur a fallu tout apprendre sur le tas mais « ce fut une expérience enrichissante » affirme Jillian. C’est après concertation et réflexions qu’ils ont décidé de continuer cette aventure, ensemble, affinant petit à petit leur synergie, leur créativité, leurs recherches et leur professionnalisme. L’entité s’appelle Echelle 1:1 (à prononcer « échelle un point un »).

Peux-tu nous présenter Echelle 1:1 ?

Echelle 1:1 est une agence de médiation territoriale. Nous aidons à la compréhension des territoires, à leur mise en valeur, à leur découverte ou encore à leur révélation via des outils numériques (vidéos/photos 360°/visite virtuelle/carte interactive), après une phase de recherche et développement suivant le besoin et les attentes d’un client.

Qu’est-ce que la médiation territoriale ?

C’est un concept novateur. Comme le terme l’indique, la médiation c’est avant tout se placer au milieu : entre des décideurs politiques ou territoriaux et ceux qui vivent ou font l’expérience de ces territoires (habitants, touristes). Territoriale puisque notre travail, tout créatif et scientifique soit-il, se concentre essentiellement sur les espaces, les lieux, les territoires dans leur ensemble (atmosphère, objets, histoire, caractéristiques, enjeux).

A qui vous adressez-vous ?

Nous nous intéressons principalement aux collectivités locales, territoriales, aux parc naturels, mais également aux espaces semi publics-semi privés, aux lieux interlopes, mais aussi et surtout, à tout ceux pour qui le travail sera utile : citoyens, maires, touristes, voyageurs, voire, dans une approche plus économique, investisseurs, industriels.

Quels sont ces outils numériques que vous utilisez ?

Nous proposons divers outils, comme par exemple la « Médiacarte » (cf. www.echelle1point1.com/cartemultimedia ) . Une carte du territoire est dessinée, sur laquelle nous représentons les lieux ou les objets phares de celui-ci sous forme d’icônes cliquables afin que l’utilisateur soit maître de son parcours. Cela permet d’aborder les monuments, les activités et les métiers présents dans un espace de manière créative et de mettre en valeur ce territoire sous une forme plus interactive, plus pédagogique, via une immersion dans un imaginaire.

Quelle différence y a-t-il avec les cartes interactives déjà existantes ?

Les informations contenues dans les cartes interactives existantes sont plutôt d’ordre factuel. Nous nous concentrons sur la mise en valeur des lieux, d’un patrimoine. Nous rentrons par la porte sensible d’un espace ou d’un territoire.

Quant aux lieux plus petits, nous proposons des visites virtuelles. Un voyage de photo 360° en photo 360° (cf. www.echelle1point1.com/360chapelleilebarbe.html)

Mais alors, quelle différence avec Street View de Google Maps ?

Nous voulons donner envie de venir voir le lieu par la découverte de l’espace virtuel, clic après clic, via une histoire ou un imaginaire créatif. Street View montre, nous voulons choisir de montrer. En sélectionnant des « hotspots », soit les points clé d’un lieu ou d’un territoire, et en les mettant en valeur. C’est du Street View augmenté. La découverte d’un territoire n’est plus rébarbative pour le citoyen, le touriste, ou l’industriel et peut alors se faire sous forme d’une scénarisation, d’une histoire, d’une chasse au trésor, d’un jeu relatant l’histoire de ce territoire, ses acteurs (les statues par exemples), et les mythes qu’il renferme. C’est une mise en récit de l’espace. La visite virtuelle peut inclure des photos mais également des séquences films de 30 secondes par exemple sur une thématique particulière. On enrichit les panoramas 360 et ce qu’il y a entre ceux-ci pour créer un parcours, en racontant l’espace. Nous ne voulons pas « vendre du territoire », au sens d’une agence de communication classique, d’ailleurs nous n’en avons pas les compétences. Nous voulons simplement montrer les lieux et les espaces tels qu’ils sont, sous un autre jour.

 Comment choisir quoi mettre en valeur ?

Parallèlement à la partie créative, nous avons un service de recherche et développement qui contribue à enrichir notre rendu. Cette partie travaille pour établir un diagnostic sensible de l’espace ou du territoire, c’est-à-dire le fait que l’on se sente bien dans un espace, les ambiances de celui-ci. Nous nous penchons aussi sur l’étude des déplacements de populations dans un lieu en particulier, la mise en lumière ou en couleur de ce lieu et la répercussion sur les personnes qui habitent ou visitent ce lieu, etc. C’est à partir du défrichage de l’approche sensible, du recueil des mémoires habitantes que nous mettons en œuvre la partie artistique. Nous visons une appropriation collective de l’espace, afin que chacun des acteurs de celui-ci, qu’ils soient décideurs, citoyens ou passeurs puissent jouir de cet espace.

 

Voici, en vidéo, un exemple de service proposé par Echelle 1:1 : la révélation d’un territoire pas comme les autres…


Quels projets d’avenir pour Echelle 1:1 ?

Développer des applications utiles sur tablette qui pourront aider les citoyens à se sentir plus impliquer dans le processus décisionnel des projets urbains de leur quartier.

 

Revenons à l’entrepreneuriat en tant que tel, quelles ont été les difficultés à surmonter dans la construction de votre entreprise ?

La plus grande joie mais également la plus grande difficulté pour nous fut ce premier contrat. Tout s’est passé tellement vite que nous n’avons pas pris le temps de la réflexion sur l’entreprise en soi. Nous avons entrepris sans penser à entreprendre. Désormais, on recadre notre activité afin que chacun de nous trouve sa place, on réfléchit sur le cœur de notre domaine, entre territoire, art et nouvelles technologies afin de continuer à innover et de nous positionner sur le marché.

 

Qu’est-ce que l’esprit d’entreprendre pour toi ?

La liberté de faire tout en sachant quelles sont ses compétences et quelles sont ses limites. Prendre du recul et se poser les bonnes questions afin de savoir se restreindre. Entreprendre c’est également pour moi garder un œil sur l’innovation, faire une veille thématique de nos métiers.

 

Retrouvez Echelle 1:1 dans le cloud :

vimeo.com/echelle11

www.facebook.com/Echelle1point1?fref=ts

www.echelle1point1.com/

AUTEUR

Clémentine

Ma formation : traductrice - interprète. Mon credo : si volo possum ("quand on veut on peut") Mon activité : la curiosité du monde qui m'entoure et l'ouverture à l'autre. Mon état d'esprit : enthousiaste

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