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Fans sur Facebook : qualité vs. quantité, la donne a-t-elle changé ?

Une « grosse » page fan facebook est-elle gage de succès pour une marque ? Peut-être pas. Voici l’article proposé par Gilles Grosjean, Partner et co-fondateur d’Abbie&Rose.

Une fois n’est pas coutume, j’ai décidé ici de m’intéresser à une problématique bien pratique: les pages ‘fan’ de Facebook.

Ces pages sont devenues en quelques années un élément incontournable de la communication des entreprises. En tant que co-fondateur d’Abbie&Rose, label de chemises ‘casual’ pour hommes, je me suis intéressé depuis deux ans déjà à l’approche des marques de notre secteur face à cet outil relativement neuf.

Le premier constat est une évidence: les marques se sont rapidement lancées dans une course effrénée pour réunir un maximum de ‘fans’ sur leur page et à ce petit jeu, c’est Burberry qui gagne haut la main avec plus de 14 millions de fans à ce jour! Mais ce qui m’intéresse, c’est ce qu’il en est pour les jeunes marques et les petites entreprises qui n’ont pas la même notoriété et les mêmes moyens que Burberry.

Tout le monde n’est sans doute pas d’accord sur l’approche à adopter pour développer une page, mais on constate en pratique qu’un nombre de fans élevé donne une crédibilité à la marque qui en bénéficie. Du coup, la course au volume a aussi été déclarée chez les jeunes marques qui cherchent des trucs et astuces pour faire grimper (souvent artificiellement) leur nombre de fans. Parmi ces moyens, il y a évidemment le bon vieux concours: ‘likez’ notre page et vous pourrez gagner un cadeau! Des concours que l’on pourrait appeler ‘like, share & win’…

Bien naïf que j’étais, j’ai plus d’une fois été très impressionné par le nombre de nouveaux fans qu’une telle opération peut apporter… jusqu’à ce que je découvre le twist, parce qu’il y en a un évidemment… Pour les autres naïfs, le voici: il existe en réalité des sites internet qui répertorient les concours (voir www.jeu-concours.biz ou www.concours-du-net.com et des dizaines (centaines ?) d’autres). Ces sites sont visités par des ‘fans’ de concours qui passent leur temps à ‘liker’ des pages, sans intérêt aucun pour la marque, mais avec le seul espoir de gagner une babiole!! Et ça marche: j’ai pu voir des pages ‘gonflées’ de plusieurs centaines de fans en quelques heures ou quelques jours grâce à un concours…

Ceci-dit, si le seul objectif est le nombre, il existe mieux pour augmenter son nombre de fans: plus rapide et moins cher… En effet, pour 5$ seulement, il est possible d’acheter 1.000 fans Facebook (ou des followers sur Twitter, des vues sur vos vidéos Youtube, etc.), et si vous choisissez bien votre fournisseur, ils vous seront livrés endéans les 24h! A quoi bon encore organiser des concours qui prennent temps et argent, pour une (piètre) qualité de fans finalement comparable?

Et puis, en un coup, sans crier gare, Facebook a changé les règles du jeu: fini le tout gratuit, les entreprises vont devoir mettre la main au portefeuille. Les algorithmes ne sont toujours pas très clairs, mais globalement, pour atteindre la même visibilité qu’avant, il faut payer. Quel rapport avec le nombre de fans me direz vous? Il est bien simple, lorsque vous payez, votre message est visible par un grand nombre de vos fans et d’amis de ces derniers.

Vous voyez où je veux en venir? Si vous avez un grand nombre de fans, mais de piètre qualité vous allez donc payer pour que votre message s’affiche chez eux… un bon gaspillage, non? En outre, votre message va s’afficher chez les amis de vos fans de piètre qualité… qui, je suis prêt à le parier, ne seront guère intéressés par votre marque non plus… Du coup, suite à ces modifications, j’ai entendu et lu de nombreuses plaintes de la part de jeunes entreprises, déçues par les résultats de leurs campagnes payantes – certaines criant même au vol et au scandale – mais toutes, je dis bien toutes celles qui se plaignent ont un point commun: une base de fans partiellement acquise par concours ou par achat.

La conclusion est donc simple: pour nous, jeunes marques, les pages Facebook sont indispensables pour communiquer avec nos clients, mais il ne faut pas oublier que l’outil n’est pas mature et qu’il subira certainement encore des modifications dans les mois et années à venir. C’est pour cette raison que chez Abbie&Rose, nous avons décidé d’être patients et de construire notre page avec de vrais ‘fans’, réellement intéressés par notre projet… ceci dit, c’est peut-être nous qui avons tort…

Dis-moi tes défauts, je te dirai ceux de ta start-up !

Cet article est proposé par Gilles Grosjean, Partner et co-fondateur d’Abbie&Rose

Comme tout jeune créateur d’entreprise, quand j’ai décidé de cofonder Abbie&Rose, j’étais remonté à bloc – rien n’allait me résister – pas même ce à quoi je n’avais jusqu’alors jamais été très bon… Mais bien sûr, c’est mon entreprise après tout, je vais donc tout faire pour y arriver, non ?

Certes, je suis sans doute plus enclin à faire certains efforts, mais il faut rester prudent et ne pas verser dans le doux rêve et la magie pure : si tu n’as jamais été un bon commercial, le fait de vendre ton propre produit ne fera pas de toi un as de la vente,  si tu n’as jamais été bon en gestion administrative, tu ne vas pas devenir du jour au lendemain un as en la matière !

La plupart du temps, quand on crée sa propre entreprise, il faut faire des choix (pas toujours parfaitement conscients) de la manière dont on va allouer son temps parce qu’en réalité, il y a toujours (je dis bien toujours) quelque chose à faire… Du coup, il y a de fortes chances (je dirais à 99,99%) que le « choix » se porte sur ce qu’on préfère – qui correspond souvent à ce qu’on fait le mieux ! Tiens encore une surprise…

Du coup, au détriment du reste, un bon commercial va souvent se concentrer sur le développement des ventes, un PR manager se focaliser plus sur le développement de la notoriété, un technicien sur l’amélioration de son produit, un administratif sur la gestion interne et un paresseux, ben, eeuh, il ne fera pas grand chose en attendant que son entreprise se développe (il y a bien plus d’entrepreneurs paresseux qu’on ne le pense, sérieusement)…

Mais attention, tout ceci ne veut pas dire qu’il soit impossible de développer une entreprise seul évidemment, il faut juste pouvoir allouer son temps de manière raisonnable et éventuellement trouver des solutions pour outsourcer ce qu’on ne fait vraiment pas bien. Le tout nécessite bien sûr de relativement bien se connaître – et surtout de ne pas se mentir !

Du coup, si tu me dis tes défauts, je pourrai certainement te dire ceux de ta start-up… Mais rassurons nous, dès que la société a suffisamment grandi, engager est l’opportunité à ne pas manquer de redresser le tir et de se renforcer là où c’est nécessaire.

Sans réelle surprise donc, on peut dire qu’une start-up ressemble à son ou ses fondateurs… au moment de rédiger un business plan, c’est donc évidemment un élément à bien prendre en compte (et pourtant bien souvent omis).


Entreprendre : le mythe de la grande idée

Aujourd’hui j’accueille un entrepreneur que j’ai pu interviewer sur Pourquoi Entreprendre : Gilles Grosjean de Abbieandrose. Dans cette tribune, Gilles vous parlera du mythe de l’idée du siècle en entrepreneuriat. Bonne lecture !

– la page facebook de son entreprise

– le suivre sur twitter

son article sur LeDevDurable.com

 

Eureka ! J’ai une « idée »…

Qui n’a jamais dit ou entendu un ami dire : « j’aimerais tellement devenir mon propre patron, créer ma propre entreprise, mais je n’ai pas « d’idée »… ». Il y a à peine deux ans, je le répétais encore à qui voulait l’entendre (et même à ceux qui ne voulait surtout plus !).

Mais au fait, qu’est donc réellement que ce concept « d’idée » ? En creusant un peu la question, et après enavoir beaucoup discuté autour de moi, je dirais qu’il s’agit d’un concept un peu révolutionnaire, une « idée »est une opportunité que personne n’a identifiée avant et qui pourtant apporte une réelle solution à un problème, qu’il soit global ou de niche. Vu comme ça, elle a un peu des airs de conte de fée cette « idée »,non ?

Je suis en tout cas maintenant convaincu qu’il s’agit là d’un mythe ! Arriver avec une solution révolutionnaire fera peut-être de vous un génie, mais sans doute pas un entrepreneur… Mais comprenons nous bien, je suis convaincu qu’il est indispensable d’innover, d’apporter plus et mieux que ses concurrents pour développer une entreprise – mais mieux vaut identifier les points à améliorer dans un marché spécifique que partir en quête de « la grande idée ».

Je sens encore quelques lecteurs sceptiques… Prenons quelques exemples qui achèveront, je crois, de démontrer qu’il s’agit bien là d’une légende – mais choisissons les gros, très gros, ces exemples, pour qu’il n’yait pas de contestation possible : Facebook, Google et l’iPhone !

Pour commencer, reconnaissons que Facebook n’a pas inventé les réseaux sociaux, que Google n’a pas imaginé les recherches internet et l’iPhone était loin d’être le premier smartphone sur le marché. Effectivement, il s’agit pour moi du premier point commun entre ces 3 réussites : elles sont arrivées très tard sur les marchés où elles ont connu le succès que l’on sait.

Petit bout d’histoire… Facebook (2004) a été précédé par Myspace et bien d’autres avec notamment l’un des tout premiers réseaux sociaux, Sixdegrees né en 1997 ! De même Google (1998) était précédé de Yahoo, Lycos,Altavista, et j’en passe… Et quand en 2007 l’iPhone est arrivé sur le marché, le Blackberry était archi-leader du marché des smartphones, marché qui était apparu en 1993 avec l’IBM Simon !

Mais est-ce là le seul point commun entre ces 3 entreprises ? Certainement pas ! Le second point commun évident est que ces trois entreprises ont donné un sérieux coup de fouet sur leur marché respectif à coup d’innovations. En résumant très succinctement leur genèse, on peut dire que Facebook a permis de jongler avec les photos et a offert une convivialité nettement plus avancée que ses concurrents, Google a complètement repensé les algorithmes de recherche et iPhone, outre son design, a apporté les apps et sonappstore permettant de les échanger. Et ce n’était là que leur première étape d’innovation.

Ces exemples démontrent bien que le concept « d’idée » est un mythe… Toute personne qui veut créer une entreprise a plutôt intérêt à choisir le ou les secteurs qui le passionnent et chercher les améliorations qui peuvent être apportées, et non pas à chercher une « idée » – la probabilité de finalement créer une entreprise et d’en faire une réussite est certainement plus importantes…

En quelques mots, je crois simplement qu’il ne faut pas confondre « idée » et innovation…

Interview de Gilles Grosjean fondateur de Abbie & Rose

Connaissez-vous beaucoup d’entreprises qui reversent 10% de leurs profits à des associations promouvant l’entrepreneuriat ? Moi pas beaucoup, mais j’en connais une : Abbie & Rose. Et pour partager avec vous cette découverte je vous propose de lire l’interview de Gilles Grosjean, le fondateur de cette société. Vous pouvez aussi lire son article qu’il a posté sur LeDevDurable.com « Entrepreneuriat durable : Entre bonnes intentions, marketing et impact réellement positif« . Bonne lecture à vous !

Bonjour Gilles. Bienvenue sur Pourquoi Entreprendre ! Comment êtes-vous devenu entrepreneur ?

Bonjour Jérôme. Merci de m’accueillir sur Pourquoi Entreprendre. Je suis très heureux d’être là !

L’histoire est un peu compliquée, mais pour faire court, je rêvais depuis des années de créer ma propre entreprise, mais bien confortable dans mon statut d’employé, j’ai attendu que ma carrière prenne un tournant qui ne me plaisait pas pour enfin décider de tenter le coup…

Ingénieur de formation, actif dans la finance depuis le début de ma carrière, j’étais bien décidé à changer de secteur, mais pas prêt à prendre des risques inutiles : j’ai alors décidé de prendre 6 mois sabbatiques pour trouver ‘le’ projet passionnant qui allait me permettre de changer d’horizons… J’ai alors profité de ces 6 mois pour recontacter tout ce que mon carnet d’adresse d’ancien banquier comptait d’entrepreneurs croisés précédemment dans ma carrière. C’est comme ça que j’ai recontacté Eric, passionné par le textile depuis 40 ans, il m’a ensuite présenté Jacques, tombé dans le secteur il y a 35 ans.

Au-delà de notre complémentarité, nous partagions des valeurs, des rêves et une passion du travail bien fait… C’est tout cela que nous essayons maintenant de partager au travers d’Abbie&Rose.

Abbie&Rose est votre société. Pouvez-vous nous la présenter ?

Abbie&Rose est un projet véritablement passionnant…

C’est avant tout « le style », en effet c’est un label de prêt-à-porter qui se concentre sur la chemise pour hommes en proposant un vestiaire casual-chic qui revisite les grands classiques en offrant des coupes ajustées sans être étriquées et avec une attention particulière aux détails.

Mais Abbie&Rose, c’est aussi « un style » de vie… Ce projet nous permet de défendre et de partager des valeurs qui nous sont chères – amitié, simplicité et plaisir de travailler – le tout dans un contexte, un environnement que nous avons choisi et en essayant d’avoir un impact positif sur le monde qui nous entoure.

Pourquoi reverser 10% de vos profits à des associations (et lesquelles) ?

Si nous souhaitons redistribuer 10% de nos profits, ce n’est pas pour donner une bonne image d’Abbie&Rose ou pour bien dormir la nuit…

En réalité, chez Abbie&Rose, nous sommes convaincus que le rôle social des entreprises va bien au-delà de leur responsabilité en tant qu’employeur. Nous pensons aussi que la période de crise que nous vivons a mis en évidence le rôle spécial que joue l’entrepreneuriat dans le développement de notre société. Nous considérons donc que c’est à nous d’agir, et nous avons décidé de le faire en supportant des entreprises qui aident à la remise au travail ou la réinsertion par la création de son propre emploi.

Nous sommes toutefois bien conscients que pour remplir ce rôle efficacement et surtout de manière « durable », il faut que notre entreprise soit rentable, c’est la raison pour laquelle nous avons décidé de verser une part des profits et non une part du chiffre d’affaire…

Qu’est ce que l’entrepreneuriat pour vous ?

Pour moi, c’est une opportunité. C’est l’opportunité de choisir son avenir en toute liberté, et donc de le mettre en phase avec ses valeurs, ses passions et ses rêves – aucun employeur ne permettra jamais ces choix.

Je dis ça, mais c’est aussi une contrainte… Il m’arrive encore quelque fois de repenser avec nostalgie aux congés payés, au pécule de vacances et aux « congés » maladie ! ;o)

Et le développement durable ?

C’est avoir une réflexion à long terme…

C’est répondre à nos besoins d’aujourd’hui sans entraver la possibilité des générations futures d’en faire de même. C’est admettre que de nombreuses ressources naturelles ne sont pas inépuisables et les utiliser avec parcimonie. C’est constater que vivre au dessus de ses moyens n’est pas durable. C’est respecter la nature qui nous entoure. C’est ne pas accepter le monde tel qu’il est mais d’essayer de l’améliorer. C’est adopter le concept d’évolution soutenable.

Mais tout ça est bien théorique… En pratique, selon moi, c’est simplement avoir une réflexion à long terme…

Comment l’entrepreneuriat et le développement durable peuvent-ils contribuer à la société ?

Je ne suis pas certain qu’il s’agit de contribution volontaire, mais plutôt d’une nécessité… Les années d’insouciance sont (malheureusement ?) derrière nous. En pratique, je pense que l’entrepreneuriat et le développement durable trouvent leur origine dans l’innovation au sens large, et l’innovation est le moteur de notre société.

Ceci dit, je trouve personnellement que l’entrepreneuriat responsable rend le challenge d’autant plus passionnant et permet à la fois de défendre des valeurs qui nous sont chères et de rencontrer des personnes d’univers différents mais qui partagent les rêves.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui veulent se lancer ?

Le premier c’est qu’il ne faut pas m’écouter, j’ai encore tout à prouver avant de donner des leçons…

Mais si je devais en donner deux, je dirais qu’il faut sortir, rencontrer du monde, parler de son projet – à quelques exceptions près, dont Facebook, je n’ai pratiquement jamais entendu quelqu’un dire qu’on lui avait piqué son idée. Or les rencontre sont souvent très riches en enseignements et permettent de confronter son projet à des clients potentiels.

Et surtout, le principal est d’y aller et de s’amuser ! Si c’est pour s’emm…, autant le faire en bossant pour quelqu’un d’autre !

www.abbieandrose.com