Prévoir la « mort » de votre entreprise, un examen essentiel pour préparer et réussir votre lancement

Réussir le lancement de son entreprise implique de définir une vision claire de là où on veut l’emmener : l’entreprise à sa maturité. La définition de la vision est une pratique incontournable en management en en entrepreneuriat. Mais avez-vous déjà entendu parler de l’examen pre-mortem d’une entreprise consistant à prévenir la mort de celle-ci ?

Aujourd’hui j’accueille Mathieu Moreno, du blog Le Challenger qui nous propose sa vision sur cette pratique peut connue qui a de nombreuses vertus. Bonne lecture à vous et merci à Mathieu pour cet article.

Bien que souvent difficile émotionnellement à mettre en place pour un entrepreneur, cette technique est efficace.

Efficace si vous voulez économiser de l’argent. Efficace si vous ne voulez pas perdre votre temps. Efficace si vous voulez construire et lancer votre entreprise sur des bases solides.

Mais alors, pourquoi prévoir la « mort » d’un projet est un examen peu réalisé par les entrepreneurs ?

En général, lorsque nous subissons des échecs, nous avons tendance à analyser les raisons de l’échec. Nous analysons le « pourquoi ».

Or souvent, de nombreux échecs subis auraient pu être évités. Par manque de préparation la plupart du temps. Parfois par manque d’observation.

Je vais d’ailleurs vous montrer dans cet article comment minimiser les chances d’échouer. Comment anticiper vos futurs obstacles. En d’autres termes : comment prévenir la « mort » de votre entreprise, ou de votre produit.

Marcel Proust disait : « Il n’y a pas de réussites faciles ni d’échecs définitifs »

En utilisant cette technique, vous vous épargnerez de nombreux contre-temps et échecs potentiels.

Qu’est ce qu’un examen « pre mortem » ?

Les examens pre mortem s’opposent aux examens post mortem. Ces derniers sont utilisés en médecine pour déterminer la cause de la mort. Cela permet notamment d’expliquer la raison de la disparition d’une personne.

Les examens post mortem apportent donc une analyse sur la nature de la disparition d’une personne.

À l’inverse, les examens pre mortem aident à prévenir la mort plutôt qu’à l’analyser.

Mais alors pourquoi réaliser un « pre mortem » pour votre projet ?

En prenant du temps pour effectuer un examen pre mortem, vous vous assurez d’éviter certains problèmes potentiels tout en augmentant vos chances de succès.

Le but est d’éviter qu’un problème se présente en essayant d’identifier les raisons d’un possible échec.

En réalisant cet examen, vous anticipez les difficultés que vous pourrez rencontrer dans 3 mois ou encore 2 ans tout en créant un plan de route qui vous évite de naviguer près du récif.

La technique du pre mortem : efficace pour éviter l’ouragan qui pourrait perturber les fondations de votre entreprise

D’après Guy Kawasaki, célèbre pour avoir été un des premiers responsables marketing chez Apple, il y a cinq avantages à réaliser un examen pre mortem :

1.     Identifier les problèmes avant qu’ils ne se produisent.

2.     Réduire le risque d’un démarrage prématuré ou fragile pour votre entreprise ou votre produit.

3.     Apporter des réponses plus créatives et structurées face aux challenges que vous allez rencontrer dans un futur proche.

4.     Identifier les signes avant-coureurs d’un problème que vous aurez déjà envisagé afin de mettre en place des « signaux d’alerte ».

Si vous disposez d’une équipe, cela est un moyen d’accroitre l’implication de vos salariés en raison d’un environnement moins hiérarchique. Votre entreprise peut vite devenir un lieu d’expression pour les membres de votre équipe.

Ainsi, l’examen pre mortem représente un bon investissement en temps et énergie car il peut contribuer à votre succès futur tout en minimisant vos probabilités d’échouer.

Comment effectuer un examem pre mortem

Bien que cet exercice puisse être redouté par de nombreux entrepreneurs, il s’agit en réalité d’un processus simple à mettre en place.

Simple mais à la fois puissant de par sa capacité à prévenir les obstacles futurs que vous pourrez rencontrer.

Avant d’identifier les 3 étapes importantes, je tiens à préciser un élément central :

Si vous disposez d’une équipe, l’ensemble des membres doivent assister en présentiel afin de maximiser vos chances de réaliser un pre mortem efficace.

Passons à la méthode…

  1. Listez tous les potentiels problèmes que vous pourrez rencontrer lors du démarrage et du développement de votre entreprise, ou de votre produit.

Pendant cette première phase, vous allez devoir vous efforcer de lister sur un tableau blanc par exemple chaque problème qui pourrait fragiliser les fondations de votre projet.

Inutile d’apporter des solutions pour le moment.

Efforcez-vous d’être honnête, ouvert et même exigeant quant à votre projet.

L’objectif attendu est de créer une liste de tout ce qui pourrait mal se passer.

Exemples :

  • Que faire si notre site tombe en panne ?
  • Que faire si notre local prend feu ?
  • Que faire si nous faisons face à une pénurie de pièces détachées ?
  • Que faire face à une blessure d’un membre du personnel ?

2. Identifiez vos problèmes majeurs.

À ce stade, vous avez une liste avec des dizaines de problèmes ayant une forte probabilité de survenir lors de votre projet.

Le but ici est d’identifier vos problèmes les plus importants afin de trouver des solutions lors de la troisième étape.

Voici quelques pistes pour vous aider à choisir les « bons problèmes » :

  • Focalisez-vous sur les problèmes qui peuvent impacter fortement votre projet. Si ce n’est pas le cas alors rayez ce problème. L’objectif est d’éliminer les problèmes mineurs afin de rester focalisé sur les problèmes majeurs.
  • Choisissez des problèmes susceptibles de se produire. Ne perdez pas de temps à trouver des solutions pour des événements difficilement envisageables.
  • Éliminez les problèmes externes que vous ne pouvez pas contrôler. Exemple : « Que faire si notre local prend feu ? ». Vous n’avez pas le pouvoir de contrôler cette donnée donc inutile de perdre du temps à chercher des solutions à ce problème. 

3. Listez les solutions à vos problèmes majeurs.

Cette phase, plus concrète, aura pour objectif de résoudre les problèmes que vous avez identifiés précédemment.

Einstein disait : « Si j’avais une heure pour sauver le monde, je passerais 55 minutes à définir le problème et 5 minutes à trouver des solutions ».

Tout ça pour dire que cette dernière étape est certainement la plus simple. La résolution d’un problème devient d’autant plus simple et rapide si le problème est bien posé.

Réaliser un pre mortem, vraiment efficace ?

Un pre mortem est efficace car il peut contribuer au succès et rendre inutile l’analyse « post-échec ».

Cependant, il n’existe aucune garantie quand vous vous lancez sur un projet risqué. Il y a des choses que vous ne pourrez pas anticiper. Certains échecs que vous ne pourrez pas prévoir.

Mais investir quelques heures de votre temps pour réaliser un pre mortem est quelque chose d’essentiel pour tout projet important pour vous.

Et vous, vous avez déjà réalisé un pre mortem pour vos projets ? Qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à nous laisser un commentaire pour nous donner votre avis !

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