Portrait d’un Business Angel en France : Patrick HANNEDOUCHE

Patrick HANNEDOUCHE

Patrick HANNEDOUCHE est un Business Angel : il finance et aide des entrepreneurs dans leur aventure entrepreneuriale. Il tient le blog Business Angel France sur lequel il partage ses conseils (1er blog de la catégorie entrepreneur au classement wikio en janvier 2013). Aujourd’hui il répond aux questions de Pourquoi Entreprendre avec authenticité ! Merci à lui et bonne lecture !

– Peux-tu présenter ton parcours et comment tu es devenu Business Angel ?

Avec plaisir, Jérôme.

J’ai 55 ans, je suis marié et j’ai un fils de 26 ans.

Après une école de commerce (ESSCA), j’ai acquis une bonne expérience dans la distribution (Carrefour, Promodès), l’export (Bonduelle) et la direction de PME (Caditel).

En 1990, fort de mes expériences comme salarié et à la recherche d’autonomie, j’ai créé ma boite, Juste à temps, le livreur officiel des produits conviviaux au bureau. Merci au passage à Annie, mon épouse, sans qui cette superbe aventure entrepreneuriale n’aurait pas vu le jour.

Dans la foulée, j’aurais bien aimé créer d’autres entreprises, mais je ne suis pas sûr qu’Annie aurait apprécié ! Fort de mon expérience, je suis donc devenu Business Angel (BA) dans des startups  où je peux apporter ma vision, mon expérience, mon réseau et du capital. Je suis administrateur de Paris Business Angels.

Pour terminer mon pitch, j’ai créé mon blog Business Angel France en 2007 pour aider les créateurs d’entreprise et amplifier le mouvement des Business Angels en France. J’y pratique le parler-vrai qui me caractérise et je m’appuie sur mon expérience.

– Qu’est-ce qu’un Business Angel selon toi ?

Rien de tel que le Dictionnaire des Business Angels pour planter le décor.

Force est de constater qu’il existe de nombreux profils de BA comme : le pro façon Marc Simoncini, le retraité qui investit une partie de son argent et de son temps, le cadre sup à la recherche de frissons entrepreneuriaux… Me concernant, je me qualifierai de BA engagé spécialisé dans l’amorçage. En effet, je n’aime rien tant que participer à la création d’une aventure entrepreneuriale.

 

– Pourquoi ce métier est-il utile ?

Le consensus répondra que l’utilité principale des BA réside dans l’apport financier aux startups lors de leur démarrage alors que la preuve du concept n’est pas faite et que les fonds sont difficiles à trouver, notamment auprès des banques très frileuses à ce stade.

De mon côté, je préfère mettre en avant :

  • ·         l’accompagnement des BA.
  • ·         la mise à disposition d’un réseau : et oui, en France plus qu’ailleurs, si t’as pas de réseau, tu vas pas loin…

 

– Existe-il des contraintes également ?

Là aussi, nous sommes en France et nous pouvons faire confiance à nos politiques, droite et gauche confondues, pour compliquer ce qui devrait être simple. Ainsi, alors que le précédent gouvernement avait mis en place la loi TEPA, le nouveau s’est empressé de la détricoter. Tout ça pour dire qu’un business angel se doit de jongler en permanence avec l’environnement législatif qui n’a rien à voir avec l’entrepreneuriat.

A quand une fiscalité européenne harmonisée ?

 

– Comment séduire un Business Angel ?

Le critère principal pour moi est de réunir et présenter une équipe* mixte composée à minima d’un profil technique et d’un profil commercial marketing comme par exemple Stéphane et Olga Castellani chez LooknBe. Soit une alliance d’ingrédients à priori opposés mais indispensables dans une success story. Des exemples ?

  • ·         La vision et l’exécution
  • ·         La modestie et l’ambition
  • ·         Le sérieux et le bluff…

*Attention, le travail en équipe requiert des valeurs communes, la passion du travail collaboratif, l’écoute, la remise en cause…

Le critère « marché » vient très loin derrière selon moi. En effet, j’ai rarement vu une « mauvaise » équipe réussir sur un marché prometteur alors que les success stories d’équipes talentueuses ayant démarré  sur un marché décevant sont légions, ne serait-ce que par la magie des pivots successifs.

 

– Que va-t-il advenir des Business Angels en France ?

A court terme, les perspectives ne sont pas roses (malgré l’arrivée des socialistes au pouvoir !) comme je viens de l’écrire sur Avis de décès des Business Angels en France. En effet, la loi de finances 2013 qui vient d’être votée augmente considérablement l’imposition des plus-values lors de la sortie du capital d’une startup. Déjà que l’activité de BA était très risquée, elle devient carrément kamikaze. Et surtout, ras le bol des politiques qui ne connaissent rien au business et changent sans arrêt la fiscalité.

Donc, c’est clairement une mauvaise passe pour les BA et pour leurs enfants naturels les startups par voie de conséquence.

Maintenant, une fois les coups de gueule terminés, les BA gaulois qui resteront en France (c’est mon cas) sauront s’adapter. Et, après les mauvaises nouvelles, émergeront des bonnes initiatives comme  Angel Source ou le PEA-PME.

AUTEUR

Jérôme HOARAU

Fondateur de Pourquoi-Entreprendre.fr, co-fondateur de La-Semaine.com et de creapreZent.fr, coach Efficacité Professionnelle et Parler en Public. Je suis l'auteur de plusieurs ouvrages dans le domaine de l'efficacité professionnelle et du leadership que vous pouvez retrouver ici : Livres Efficacité Professionnelle et Leadership.

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