Egalité des sexes, changements climatiques et actions concrètes

egalite des sexes et environnement

En février 2012, je vous proposais l’interview de Guillaume Stern, entrepreneur et consultant indépendant en développement durable et RSE.

Aujourd’hui Guillaume nous propose un nouvel article sur un thème très original : l’égalité des genres et le changement climatique. Est ce qu’il existe un lien entre ces deux notions ? Il semble que oui ! Lisez cet article et commentez le pour faire partager votre point de vu sur l’égalité des sexes dans le monde du travail ou dans les institutions décisionnelles (ONU, gouvernements,…).


Plusieurs études et rapports publiés dernièrement nous offrent la possibilité de comprendre plus globalement les liens qui peuvent exister entre la qualité de notre environnement et les inégalités de genre.

A défaut d’être exhaustif, j’ai tenté de souligner ce qui peut avoir du sens pour une action à l’échelle d’une entreprise, et ainsi ouvrir le débat.

1) La dégradation de l’environnement et les inégalités de genre sont liées

Parmi d’autres enseignements, le dernier rapport pour le développement humain publié en 2011 par les Nations Unies montre d’une part qu’une relation forte et mesurable existe entre niveau de vie et dégradation de l’environnement.

Ce fait, plutôt intuitif (« plus on gagne de l’argent plus on est tenté de consommer »), se trouve ici mesuré.

D’autre part, ce rapport souligne et démontre qu’une plus importante égalité des genres, notamment en terme de représentation des femmes dans les instances de décisions et en terme de pouvoir accordé aux femmes, aurait pour conséquence une meilleure prise en compte des problèmes environnementaux dans les sphères décisionnelles, et de meilleurs résultats dans ce domaine.

« Une étude réalisée dans 90 pays (25 développés et 65 en développement) révèle que les pays au sein desquels la représentation parlementaire des femmes est plus élevée sont plus susceptibles d’établir des zones protégées. »

« D’après une étude menée dans 130 pays rassemblant environ 92 % de la population mondiale, les pays comptant une représentation parlementaire des femmes plus forte sont plus susceptibles de ratifier des traités internationaux relatifs à l’environnement ».

«Parmi les 49 pays qui ont réduit leurs émissions de dioxyde de carbone de 1990 à 2007, 14 avaient un IDH très élevé et 10 avaient un taux de représentation parlementaire des femmes plus élevé que la moyenne.  » (IDH : Indice de Développement Humain)

Et le rapport d’affirmer : « La question cruciale n’est donc pas simplement la présence des femmes, mais la nature de leur participation. »

Lien : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_3137_IDH_2011.php

2) L’égalité en entreprise ?

Les constats du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) semblent être contredits par une étude du cabinet Randstat et révélée par le site http://www.lesaffaires.com/strategie-d-entreprise/management/l-egalite-des-sexes-au-travail-un-reve-en-couleurs/536985.

Cette étude nous apprend que malgré tout, les femmes elles-mêmes ne souhaiteraient pas l’égalité (de représentation) en entreprise. Cet article affirme que « 28% des employés et 34% des employées (Canadiens) croient que le rendement de leur organisation s’améliorerait si leur comité de direction comportait davantage de femmes », avec un constat similaire pour l’Argentine, la Grèce, l’Inde, le Luxembourg ou la Slovaquie. La France croirait davantage (48% des employé(e)s) à un impact positif de la présence de femmes dans les instances directionnelles.

Au Canada, les femmes auraient également tendance à préférer travailler avec des hommes (à 51%), les hommes préférant travailler avec des femmes (à 41%). Seuls les femmes et les hommes de Grèce, d’Inde, du Japon et de Singapour aiment autant travailler avec les unes qu’avec les autres. Enfin, la France et les États-Unis font figure d’exceptions en pensant qu’un ratio égal d’hommes et de femmes aurait une influence positive sur le rendement de l’entreprise (58% et 65%, respectivement, des employés interrogés, contre 57% des femmes et 47% des hommes au Canada).

Randstat Canada conclut ainsi «La diversité de la main-d’œuvre aide les organisations à envisager les choses sous des angles différents, et donc à adopter une vision plus large. Pour demeurer concurrentielles, les entreprises devraient par conséquent apprendre à favoriser l’autonomie, l’évolution et le développement des hommes comme des femmes».

3) Des solutions à portée de main

Un plan d’action est suggéré par le Centre d’Analyse Stratégique (CAS), qui propose, via l’AFP le 3 nov. 2011, de nouvelles organisations du travail.

Constatant que la seule réponse française au fait que les femmes travaillent en moyenne 35 min de plus par jour que les hommes (y compris travaux salariés, domestiques, études …) et le temps partiel, qui accentue les inégalités, le CAS propose plus de conciliations et de flexibilité, tels que :

–  le « job sharing », ou partage d’un poste : un poste à plein temps est occupé par 2 personnes en temps partiel,

–  le télétravail,

– la généralisation des horaires flexibles,

–  la semaine compressée (5 jours de travail effectués en 4 jours).

 

Ces « innovations », pour le CAS, répondraient également aux demandes « croissantes d’implication des pères, (et) à l’essor des « couples bi-actifs » et des familles monoparentales ».

Lien :  http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gSO7KL3aNjSDHa3nkRQSOOwbyaDw?docId=CNG.17ef9aa2ba4bd7f9062773370ce67ae0.261

En conclusion, ces différents points de vue montrent à quel point les performances sociales, environnementales et économiques d’une entreprise peuvent être imbriquées. Les stratégies RSE des entreprises ont aujourd’hui tendance à cibler les sujets ponctuels les plus médiatiques, et omettent parfois de construire une approche RSE plus globale.

Les analyses précédentes montrent qu’une diversité de genre dans les structures décisionnelles accentuerait les performances des entreprises dans leurs stratégies de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais cette question de la diversité de genre est aussi très liée à la performance sociale de l’entreprise et à la place accordée aux femmes notamment. Cette place interroge en retour l’organisation même du travail, tout comme la façon de mener une vie professionnelle équilibrée avec une vie personnelle.

 

A partir de cette analyse, GStern Conseils et Pourquoi Entreprendre vous proposeront régulièrement  des réponses précises pour mettre en œuvre une stratégie RSE dans votre entreprise.

à bientôt.

 

AUTEUR

Jérôme HOARAU

Fondateur de Pourquoi-Entreprendre.fr, co-fondateur de La-Semaine.com et de creapreZent.fr, coach Efficacité Professionnelle et Parler en Public. Je suis l'auteur de plusieurs ouvrages dans le domaine de l'efficacité professionnelle et du leadership que vous pouvez retrouver ici : Livres Efficacité Professionnelle et Leadership.

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